Girl’s Girls : pourquoi entretenir la sororité est essentiel aujourd’hui
Écrit par Sarah Oueriemmi le
Écrit par Sarah Oueriemmi le
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On vous a déjà dit “toi t’es trop une Girl’s Girls” et vous vous êtes demandé ce que ça voulait dire ? Entre définition, comportements du quotidien et culture web, découvrez pourquoi être une “meuf à meufs” n’est pas qu’un compliment, mais un véritable art de la sororité.
Dans un monde où chaque prise de parole peut déclencher un débat national, un simple « girl's girls » s’impose comme un rappel collectif : on se soutient, on s’élève, on s’informe. L’expression circule partout, des réseaux sociaux aux soirées entre amies, comme une manière moderne de dire « je te tiens la main ».
Ce mantra n’a rien de naïf. Il dit quelque chose du moment que nous traversons : une époque où la parole féministe est scrutée, remise en question, parfois insultée. Une époque où l’on comprend que la sororité n’est pas juste un réflexe entre femmes, mais un outil politique, culturel, social pour faire bouger une société encore profondément marquée par des rapports de genre inégaux.
Même si des insultes ou des attaques font parfois la une, comme les propos tenus par Brigitte Macron, ce qui compte, c’est la mobilisation collective qui s’ensuit. Loin d’alimenter un simple bad buzz, ces épisodes révèlent surtout la vitesse à laquelle une communauté entière peut se rassembler, transformer une situation difficile en étendard, et rappeler l’importance de se soutenir.
Le sujet n’est pas l’insulte. Le sujet, c’est ce qu’elle révèle : la fatigue féministe, l’exaspération, et surtout la force de mobilisation qui surgit immédiatement. Une force qui montre que la solidarité féminine existe, qu’elle se renforce même, et qu’elle s’accompagne d’un désir de comprendre, de se former, et de faire évoluer les mentalités au sens large.
Ce qui est frappant dans le mouvement girl's girls, c’est qu’il ne reste plus cantonné à un entre-soi féminin. Il déborde. Et il touche même des artistes qui, par le passé, avaient un rapport compliqué aux femmes dans leurs œuvres ou leurs prises de position.
L’exemple le plus commenté reste celui de Damso, qui expliquait dans plusieurs interviews avoir découvert le féminisme à travers des lectures comme Le Deuxième Sexe, King Kong Théorie ou encore De la marge au centre de bell hooks. Il affirmait alors repenser ses paroles et son rapport aux femmes.
Ce genre de prise de conscience publique compte. Parce qu’elle montre que la sororité n’est pas seulement une histoire de femmes qui se regroupent entre elles. C’est un mouvement culturel capable d’amener des artistes, des auteurs, des créateurs à interroger leurs propres angles morts. Et c’est exactement là que le girl's girls devient plus grand que lui-même : il devient une force collective, offerte à toutes et tous.
La lecture joue un rôle central dans le renforcement de l'esprit de sororité. Certains romans mettent en scène des relations entre femmes qui, sans être explicitement militantes, incarnent une solidarité profonde et inspirante. C’est le cas de La Femme de ménage de Freida McFadden. L’histoire suit une héroïne confrontée à des situations difficiles, mais c’est sa capacité à soutenir, protéger et se rapprocher d’autres femmes qui transforme son parcours en véritable manifeste de sororité. Le roman illustre que même dans les contextes les plus complexes, l’entraide féminine et la solidarité restent des leviers puissants pour se relever et avancer ensemble. C’est exactement cet esprit que résume l’expression girl's girls : se tenir mutuellement, se renforcer, et agir ensemble face aux obstacles.
Le girl's girls, c’est l’idée qu’on ne laisse plus l’autre tomber. Qu’on s’éduque ensemble, qu’on se questionne, qu'on parle, qu’on lit, qu’on transmet.
C’est comprendre qu’on ne peut pas lutter chacune dans son coin. Que la charge mentale, le sexisme, les violences symboliques ou structurelles ne se régleront pas individuellement. Qu’il faut des conversations, de l’entraide, des références solides, et même parfois des remises en question de la part de personnalités publiques.
Parce que la fatigue féministe existe. Parce que les attaques sexistes persistent. Parce que les débats publics continuent d’exposer, de caricaturer, parfois de maltraiter la parole des femmes.
Parce qu’on ne peut pas compter sur la seule bonne volonté des institutions pour faire avancer l’égalité.
Et surtout parce qu’il se passe quelque chose de profond en ce moment : la sororité est en train de devenir un langage commun, un code culturel, un réflexe de soutien immédiat.
Le girl's girls n’est pas un slogan mignon. C’est un pacte.
Une manière de dire : je te vois, je t’écoute, je t’accompagne.
Une manière de rappeler que la solidarité féminine n’est pas un club fermé, bien que d'autres ne s'y sentes pas conviés, c'est un mouvement ouvert, vivant et évolutif.