Tendances mode de l’automne : notre guide ultime pour ne rien louper
Écrit par Camille Croizé le
Tendances mode de l’automne : notre guide ultime pour ne rien louper
Écrit par Camille Croizé le
Tendances mode de l’automne : notre guide ultime pour ne rien louper
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L’automne est à peine là que déjà, la mode change de température. Oubliez le beige plan-plan et les vestes de mi-saison tristounes : cette année, les tendances mode de l'automne ont décidé de prendre des risques. On parle d’un vestiaire qui n’a plus peur de se contredire : sensuel et pragmatique, maximaliste et hyper-contrôlé. Un grand écart stylé qui reflète parfaitement notre époque, entre crises existentielles et besoin de se réinventer tous les deux matins. Les maisons ressortent des imprimés d'antan avec un twist ultra contemporain, les influenceuses empilent les couches comme des armures molletonnées, et même les sarouels reviennent avec une coupe quasi militaire. Pas de panique : vous n’aurez pas à choisir entre confort et crédibilité. Cette saison, la mode compose avec nos contradictions. Et tant mieux : on en a marre de rentrer dans les cases — on préfère superposer les débardeurs au dessus d'une chemise.
On les pensait rangés dans une boîte à souvenirs rétro aux côtés de Marylin Monroe, des jupes corolle et des headbands. Mais les pois reviennent, plus malins qu’innocents. Chez Balmain, ils explosent en version oversized ou ceintrée ultra chic, noir sur blanc, presque comme une impression sérigraphiée. Chez Marni, ils se déclinent façon graphique, entre art contemporain et vibe sixties réactualisée.
Ce qui change ? Leur traitement. Plus question d’évoquer la pin-up sage ou la working girl preppy. Les pois de 2025 jouent avec les contrastes et se posent sur des coupes ultra-modernes : pantalons cargo, bustiers minimalistes ou trenchs oversize. C’est moins Betty Boop, plus Prada meets Pop Art. Et ça fonctionne, justement, parce qu’ils déjouent nos attentes.
Dans l’univers de la skincare, on ne jure plus que par le layering : sérum sur essence sur tonique sur crème — et on recommence. La mode, toujours prompte à piquer les obsessions beauté, s’en empare à sa manière. Cette saison, superposer n’est plus une astuce anti-froid ou une coquetterie de styliste : c’est devenu une esthétique à part entière. Presque un statement sur notre époque, où chaque couche serait un filtre en plus pour raconter qui on est.
Chez Loewe, les mélanges flirtent avec l’expérimental : dentelle sur nylon, vinyle sur laine, le tout empilé comme un millefeuille textile parfaitement déséquilibré. The Row, plus sobre mais pas moins radical, empile les chemises et débardeurs comme s’il s’agissait de couches de silence : débardeur sur chemise sur manteau XXL, dans une palette écrue, comme si chaque vêtement chuchotait "je maîtrise".
Côté influenceuses, on n’est pas en reste : elles multiplient les tee-shirts blancs (trois d’affilée, si si), calent une mini-jupe par-dessus un pantalon baggy, empilent les robes transparentes sur des pulls côtelés — et tout ça sans jamais faire tache. La silhouette prend du volume, devient presque conceptuelle, quitte à frôler parfois le syndrome de l’oignon stylé. Mais visiblement, plus il y a de couches, plus ça clique.
Parmi les tendances mode de l'automne on risque bel et bien de retrouver : le sarouel (oui, oui). Celui que vous aviez peut-être porté au lycée avec des Converses et des bracelets en bois. Il revient, et pas forcément comme vous l’attendiez. Longtemps relégué au placard des fashion faux-pas post-festival, il fait un retour très maîtrisé — et même étonnamment chic. La preuve ? Chez Chloé, il s’impose comme pièce phare de la silhouette automne-hiver : décliné en cuir souple, en laine fluide ou en coton transparent, avec des coupes géométriques et une allure quasi martiale.
À l’origine, le sarouel est un pantalon traditionnel originaire du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, pensé pour offrir une liberté de mouvement maximale. Il a été popularisé dans les années 2000 par les tendances "ethniques" occidentalisées, souvent vidées de leur sens, et caricaturées à coups de motifs batik et de coton froissé. Résultat : une pièce mal aimée, associée à une mode baba-cool mal digérée.
Mais en 2025, les créateurices décident d'en faire un symbole de réhabilitation stylistique. Exit les clichés. Place à des volumes sculpturaux, des plis architecturés et des associations ultra-élégantes (chemises lavallières, bottes hautes, manteaux longs). Le sarouel version runway devient un terrain de jeu pour repenser le rapport entre confort et autorité. Une pièce historiquement marginalisée qui trouve enfin sa place sur les podiums comme dans les bureaux — et c’est peut-être ça, le vrai pouvoir du vêtement.
Longtemps moquées, souvent reléguées aux pages obscures des forums de trail running, les chaussures à orteils séparés sont aujourd’hui en train de signer un vrai glow-up mode. Et ce n’est plus seulement l’affaire des Tabi de Margiela. Chez Coperni, elles prennent une allure futuriste, presque alien. Nike continue de décliner sa Air Rift, modèle hybride culte des années 2000. Vibram, pionnier des chaussures "FiveFingers", séduit même les modeuses les plus pointues — surtout lorsqu’elles les associent à une robe en maille transparente ou à un pantalon extra large.
On les repère aussi chez Suicoke ou encore Balenciaga, qui s’amuse à brouiller les lignes du désirable et du dérangeant. En 2025, montrer ses orteils n’est plus un faux pas : c’est un statement.
C’était peut-être la chaussure la plus improbable de la saison… et pourtant. Entre la ballerine (symbole ultime du chic un peu sage) et la sneaker (statement confort et cool), une fusion étrange a vu le jour : la ballerine-basket. Chez Miu Miu, elles adoptent des semelles sportives sous un bout arrondi ultra féminin. Chez Sandy Liang, elles s’ornent de rubans façon danseuse, mais avec une base technique qui rappelle les runnings des années 2000. Même Balenciaga a flirté avec l’idée en repensant ses chaussures hybrides façon sock-shoe à bride. Chez Acne Studios elles sont féminines et lumineuses. Le résultat ? Une silhouette bancale, audacieuse, parfois limite gênante — et donc furieusement tendance. À porter avec un shorty, une jupette ou un baggy XXL pour jouer à fond le contraste entre preppy et street.
C’est l’outsider qu’on n’avait pas vu venir : le bonnet en crochet squattera les podiums comme les moodboards d’automne. Vu chez Damson Madder et sur le crane de nombreuses a listers, il n’a plus rien à voir avec le couvre-chef mou tricoté par votre tante en 2009. Désormais, il est structuré, coloré, délibérément artisanal — parfois même un brin bizarre. Et c’est exactement ce qui plaît.
Ce retour du crochet n’est pas qu’un caprice Y2K de plus. Il dit quelque chose d’important : la revanche du fait-main, du slow, de l’irrégulier dans un monde saturé de perfection numérique. Le bonnet en crochet devient un manifeste anti-filtre, un petit bug textile qui attire l’œil. Et comme toujours, ce sont les influenceuses mode les plus pointues qui l’ont adopté en premier — souvent assorti à une écharpe façon rideau de grand-mère stylisée. Résultat ? Plus c’est vintage, plus ça buzz.
Forget les nuances subtiles ou les tons automnaux : cette saison, le rouge s’impose en monochrome franc, saturé, presque agressif. Chez Valentino, il est appliqué de la tête aux pieds, sans respiration. Chez Ferragamo, il se teinte de bordeaux ou de cerise noire, mais garde cette intensité dramatique.
Ce rouge-là n’est pas là pour flatter le teint ou faire joli : il veut marquer les esprits. Dans un monde où tout s’uniformise, où même les algorithmes dictent la couleur de vos pulls, ce rouge-là agit comme un cri. Une façon de dire : “Regardez-moi. Je suis là. Je prends de la place.”
Si on devait résumer l’automne-hiver 2025 en un mot ? Intentionnel. Chaque tendance semble chargée d’un sous-texte, d’un message plus ou moins explicite. Et même ce qui paraît anodin — les pois, les sarouels, les superpositions — raconte quelque chose sur nos désirs collectifs, nos inconforts, nos tentatives de se réapproprier le corps et le regard. Finalement, la mode de 2025 n’a peut-être jamais été aussi bavarde. Et c’est tant mieux.