Qui est Sam Woolf, le styliste qui enflamme les tapis rouges avec Doechii ?
Écrit par Juliette Gour le
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Mars 2025, la Fashion week de Paris bat son plein et une star américaine tire son épingle du jeu à chacune de ses apparitions. De cette semaine marathon, on ne retiendra qu’un nom : celui de Doechii, le nouveau phénomène rap américain, qui a raflé trois Grammys à la dernière cérémonie. Depuis, rien ne semble arrêter l’artiste : elle signe des featurings 5 étoiles (genre avec Jennie du groupe Blackpink) et fait la une de tous les sites américains à la pointe de la tendance. Si en France, le public mainstream ne la connaît pas encore, ce n’est qu’une question de semaines.
En quelques mois, Doechii est devenue la nouvelle personnalité à suivre et ça, c’est en partie grâce à ses looks toujours parfaitement léchés. Et parce que derrière tous les grands looks il y a un excellent styliste, celui de la rappeuse est devenu (par la force des choses), le plus plébiscité d’Hollywood. Sam Woolf (c’est son nom) collabore avec Doechii depuis mars 2023. C’est lui qui a habillé la rappeuse pour le Billboard’s Women in Music de la même année. Après cet évènement, ils ne se sont jamais quittés. Ensemble, ils ont construit une identité stylistique, aujourd’hui saluée par toute la critique.
Une rencontre comme celle-là, ça ne s’invente pas.
Très discret dans les médias, le styliste n’a accordé que quelques brèves interviews à des médias. Parmi eux, on retrouve le Vogue Australien, l'édition de sa mère patrie. En parcourant l’interview, on apprend qu’il a grandi à Bondi Beach en Australie, qu’il a toujours voulu être styliste et que la première fois qu’il a vu Doechii sur scène “il a tout de suite su qu’elle allait devenir une star”. C’est à ça que l’on reconnaît les bons stylistes : ils sentent venir les tendances.
On apprend également que son travail se base essentiellement sur un savant mélange entre le glamour et une signature mode claire. Il y confesse également son amour pour la jeune création et qu’il a un moodboard partagé avec Doechii pour échanger des inspirations facilement (ça c'est de la collaboration).
Ce qui nous manque en revanche, c’est la vision qu’il a offert à Doechii, parce que derrière chaque look, il y a une intention plus marketing. Certes, la mode est un art, mais elle est aussi un outil de communication extraordinaire et sans un bon styliste, il est impossible de se construire une image positive (il n’y a qu’à voir la descente aux enfers de Blake Lively). S'il n'épilogue pas franchement sur le sujet, il est en revanche possible de deviner son objectif en observant les silhouettes de la nouvelle queen du rap américain : à l'instar de Law Roach et Zendaya, il veut rendre Doechii iconique.
Dans les collaborations exceptionnelle entre un talent et un styliste, le plus bel exemple est peut-être celui de Zendaya et Law Roach. Ensemble, ils ont construit la légende de l'actrice. Lui aussi a su très tôt qu’elle allait devenir une star, si bien qu’il l’a contraint à porter – dès ses 13 ans – les escarpins Louboutin pour que son pied s’habitue à l’inconfort des chaussures. Pourquoi ? Parce que vous ne trouverez jamais des escarpins qui font de plus belles jambes que ceux-là et s’il y a bien quelque chose qui est beau dans Zendaya, ce sont ses longues guiboles fuselées.
C’est à ce duo que l’on doit les looks animés du MET (comment oublier cette robe de Cendrillon qui s’anime) et ce sont eux qui ont installé le method dressing sur les tapis rouges (period).
On peut difficilement faire meilleure collaboration, et on comprend que toutes les jeunes stars d’Hollywood cherche styliste à leur penderie (surtout si ça leur permet d’être la star la plus photographiée sur les tapis rouges).
Mais du coup, est-ce que l’on peut considérer que le duo Woolf/Doechii a tout pour devenir aussi magique que celui de Zendaya et Law Roach ? Si Woolf a déjà collaboré avec de nombreux talents, comme Latto, Bebe Rehxa ou encore Avril Lavigne, Doechii reste son plus grand coup d’éclat.
Ce qui fait la différence, c’est que Woolf ne cherche pas à créer un style à la rappeuse, mais plutôt une identité. Plus qu’une recherche créative, la collaboration entre Doechii et son styliste réside dans le fait de trouver une identité qui reflète ce qu’elle est réellement à l’intérieur. Et c’est sûrement ça qui fait que cette collaboration fonctionne aussi bien. La confiance mutuelle qu’il y a dans ce duo leur permet de créer quelque chose d’authentique et d’unique. Comme souvent, c’est l’honnêteté qui provoque la magie et la collaboration Woolf/Doechii en est le plus bel exemple. Autour de chaque silhouette, il y a un storytelling bien précis. Ainsi, Doechii se mue tantôt en icône du bohème glam, tant en écolière ultra lookée, qui n’a pas peur de montrer un peu de peau. Il y a une histoire autour de chaque silhouettes.
Mais, ce qui crée la plus grand excitation, c’est peut-être l’effet de surprise qu’il y a à chaque apparition de Doechii. À chaque fois, c’est une nouvelle histoire qui est racontée, si bien qu’on ne sais jamais réellement à quoi s’attendre. Cette excitation est bénéfique à l’image de la star, car elle permet de tenir la presse en haleine et c’est toujours une bonne chose d’avoir l’attention des médias. Dans un monde où les gens n’en ont plus grand en chose à faire des looks des stars, faire partie des rares talents qui affolent les photographes à chaque apparition est un gros plus. Aujourd’hui, il n’y a que les stars de K-Pop et Zendaya qui jouissent de cette attention, c’est pour cette raison qu’elle est si précieuse.
Dans leur collaboration, on souligne également plusieurs aspects secondaires dans les silhouettes. Le premier est sans aucun doute les perruques de la star, toujours choisies avec soin, qui illustrent une collaboration parfaite entre la hairstyliste et le styliste de la star.
Le second détail, c’est la petite cigarette que Doechii tient parfois dans les mains ou dans la bouche sur le tapis rouge. C’est LE petit truc en plus pensé pour choquer qui fait un effet mouche. Si l’on déplore évidemment la glamourisation de la cigarette (pour rappel, le tabagisme tue 8 millions de personnes chaque année dans le monde), on peut trouver plusieurs significations à cette cigarette : une jolie façon de faire la nique à la société américaine, une référence directe aux communautés afro populaires… Chacun y va de sa petite interprétation. S’il n’y a aucune certitudes à ce statement, il est évident que c’est un excellent coup de pub, qui classe une fois de plus Doechii dans la cour des grands.
Pour comprendre toute la qualité de cette collaboration, il est essentiel de revenir sur 4 looks clé de la rappeuse.




Ici, on et face à 4 silhouettes de Doechii, toutes différents. Et c'est là qu'on se rend compte de toute la superbe de cette collaboration. À chacune des apparition de la star, Sam Woolf arrive à créer un univers différent, un effet de surprise qui retient l'intérêt de la presse. Le travail stylistique permet également de montrer toutes les facettes de la rappeuse : elle est tantôt bohème chez Chloé, sculpturale au Louvre pour performer devant toute la Fashion, et bonne élève au défilé Acne Studios.
Seul hic, on n'arrive pour le moment pas à percevoir une signature stylistique propre à Doechii. À l'instar des Louboutin de Zendaya, Doechii a besoin de trouver son petit truc en plus pour confirmer son statut d'icône. Mais au rythme où va cette collaboration, on aura bientôt la réponse à cette question.
Vivement les prochaines apparitions de la rappeuse.