Leçon de style à Cannes : qui a mérité les flashs ?
Écrit par Juliette Gour le
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À Cannes, chaque année, nous avons droit a un flot quasi incessant de looks, plus ou moins réussis. C'est un balai incessant de taftas et de tulle, agrémenté de quelques silhouettes flâteuses... Et parfois de scandales. On se souvient de l'incident de Sophie Marceau en 2005 ou de Madonna qui, en 1991, a secoué le tapis rouge avec un look signé Jean Paul Gaultier.
Qu'en est-il du cru de cette année ? Il semblerait que la fashion sphère soit plutôt sage – la faute aux nouvelles règles qui encadrent le dress code – mais ça n'empêche pas quelques belles réussites. De Charlotte Gainsbourg à Léna Mahfouf, on fait le point pour savoir qui est le mieux habillé à Cannes cette année.
Divinement française, Charlotte Gainsbourg est une fidèle du festival et elle a marqué les esprits avec un choix plutôt audacieux. Alors que la robe grand soir est généralement de rigueur sur le tapis rouge, elle a fait le choix du court.

Pour monter les marches, l'actrice portait une robe Saint Laurent, divinement taillée, dans le vert signature de la marque. Le détail qui change tout : la robe avait des poches, secret ultime pour offrir une dégaine parisienne à souhait à une robe de cocktail. Est-ce qu'elle était chic ? Évidemment et on en redemande.
Elle était la grande absente de cette première semaine du festival de Cannes, Léna Mahfouf est enfin arrivée dans le sud de la France pour faire le show. Elle a d'ailleurs commencé en beauté avec une apparition remarquée à la soirée Chopard dans un look signé The Row.
Marque chouchoute des cool girls, The Row est devenu l'uniforme idéal pour une soirée réussie et la silhouette de Léna confirme la règle. On aime l'esprit très estival de la silhouette, qui rappelle presque celui des caftans. On aime également le foulard dans les cheveux, qui donne une allure délicieusement Saint Laurent 70s à la silhouette.
Autre actrice française, autre coup de maître. On le sait, Isabelle Hupert n'est pas du genre à suivre les règles et elle l'a une fois de plus prouvé. Muse de la maison Balenciaga, elle ne se prive jamais de porter les silhouettes – osées – du label.

Pour monter les marches à l'occasion de la projection du Highest 2 Lowest, elle a préféré le denim au tafta, plus dans l'air du temps. Non contente de porter du jean sur le red carpet, elle a fait le choix d'une silhouette "devant-derrière" un poil expérimentale, mais délicieusement mode. Seul détail "classique", une broche vintage qui crie "carat" sur la poitrine.
Changement total d'ambiance avec le look, très couture, de Lyna Khoudri. L'actrice n'en est pas à son premier festival et prouve qu'elle sait ce qu'est l'élégance.

On applaudit le choix du court et son association avec la maison Chanel. C'est un look plein de douceur, dans des tons qui lui vont parfaitement au teint. 10/10.
On ne l'attendait pas. C'est la grande surprise de ce festival, Rihanna a monté les marches pour à l'occasion de la projection du film de Spike Lee. C'est sa seconde apparition depuis l'annonce de sa grossesse – la première était il y a quelques semaines au MET Gala.

Habillée par Alaïa, la chanteuse a décidé de trancher avec la silhouette sobre de son compagnon. Ce bleu, entre turquoise et céruléen, est une couleur que l'on voit peu sur le tapis rouge. C'est finalement le meilleur moyen pour se faire remarquer : on ne voyait qu'elle sur les marches. Est-ce que la silhouette est un sans faute ? Certains se disent plutôt déçus par ce choix, car pas assez élaboré. Mais c'est ça le vrai talent de Rihanna : être là où on ne l'attend pas. Autre piste : la couleur est peut-être une référence directe aux Schroupfs, dont elle vient de signer la bande originale. Le mystère reste entier.
Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas vu Nana Komatsu à Cannes. L'actrice et mannequin japonaise est en France pour présenter un film de genre hors compétition. C'est du cinéma expérimental japonais, comme on en fait peu (et c'est divinement rafraîchissant).

À l'occasion de la séance photo avec toute l'équipe du film, l'actrice portait un total look Chanel enduit, qui donnait presque une impression de silhouette 100% vinyle. Le total look noir (classique) tranche avec la blancheur de sa peau et les lunettes donnaient un petit côté Matrix à la composition. C'est sage, mais c'est un sans faute.
C'est officiel, les règles du red carpet cannois ne sont pas valables pour les icones. Spike Lee a fait un choix hors des codes classiques pour la montée des marches et on le remercie pour ça.

Au classique smoking noir, l'homme de cinéma a préféré un ensemble rayé orange et violet avec des sneakers. Outrage stylistique ultime, mais qui lui va comme un gant. On y voit une référence – subtile – aux maillots des New York Knicks, son club de cœur. On salue également le choix de Tonya Lewis : cette robe fleurie jaune apportait une lumière bienvenue au tapis rouge.