Tout ce qu’il faut retenir de la Fashion Week Haute Couture 2025/2026
Écrit par Prodige Mabanza le
fashion week haute couture
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La Haute Couture, c’est souvent une question d’allure. Mais cette saison, c’était surtout une affaire de symboles. D’un côté, Kim Kardashian qui défile pour le dernier show de Demna chez Balenciaga. De l’autre, Glenn Martens qui reprend le flambeau chez Margiela. Au milieu, des moments inattendus – une rencontre entre Aya Nakamura et Katy Perry, un corbeau sur l’épaule de Cardi B, un vent nouveau chez Céline. Bref, la Fashion Week automne-hiver 2025/2026 a déroulé un tapis rouge plein de messages, d’émotions et de virages stratégiques.
On s’attendait à la voir au premier rang, pas en train de défiler. Et pourtant, Kim Kardashian a surpris tout le monde en foulant le catwalk du dernier show de Demna pour Balenciaga. Une sortie de scène orchestrée avec style pour le designer géorgien, après dix ans à secouer les codes de la maison et plus gobalement de la Haute Couture.
Habillée d’un somptueux manteau en plumes brodées, sur une robe blanche en soie inspirée du film La Chatte sur un toit brûlant, Kim K incarnait une Elizabeth Taylor 2.0. Bijoux à l’appui : les boucles d’oreilles en diamants qu’elle portait appartenaient à Liz en personne. Un hommage clinquant, ultra symbolique, pour conclure l’ère Demna. La suite ? Ce sera sans doute plus classique, avec l’arrivée annoncée de Pierpaolo Piccioli à la DA.
Ce n’était peut-être qu’une poignée de mains, mais il y avait dans l’air comme un parfum de crossover. Lors du défilé Balenciaga, les caméras ont capté Aya Nakamura et Katy Perry dans la même rangée de chaises dorées. Deux reines de la pop, deux icônes mode aux esthétiques radicalement différentes — et pourtant, une forme d’évidence dans cette réunion au sommet lors de la Fashion Week parisienne.
@brutofficiel La rencontre entre Katy Perry et Aya Nakamura au défilé Balenciaga. #katyperry#ayanakamura#balenciaga#fashiontiktok#fashionweek♬ son original - Brut.
Si certaines fans rêvent déjà d’un duo, cette simple rencontre suffit à nourrir les fantasmes. L’une fait danser la planète en Dior aux JO et J, l’autre enflamme les pistes de danse depuis les années 2010. Et si la vraie révolution mode passait par les popstars ? Le message est clair : la couture ne se joue plus seulement sur le podium, mais aussi dans le public.
Chaque saison, Daniel Roseberry nous rappelle que la couture est aussi un théâtre. Pour la Fashion Week automne-hiver 2025/2026, le designer a transformé le Petit Palais en scène gothique et surréaliste — et c’estCardi B, grande habituée des coups d’éclat mode, qui a volé la vedette. Littéralement.
La rappeuse est apparue drapée dans une robe noire ultra-moulante, franges perlées et une encolure dramatique, accompagnée d’un corbeau perché sur l’épaule. L’oiseau, symbole de mystère et de présage, ajoutait une touche d’emphase baroque à une robe déjà sculpturale. La mode, version Schiaparelli, continue de flirter avec le fantastique — et Cardi, toujours à l’aise entre exagération et élégance, en est la parfaite interprète.
Exit Hedi Slimane, welcome Michael Rider. L’ex-Ralph Lauren signe ici son premier défilé pour Céline, avec une proposition qui réussit l’exploit de conjuguer les héritages contrastés de Phoebe Philo et de Slimane. Une collection qui pioche dans le vocabulaire des anciens tout en posant les bases d’une nouvelle vision.
Des jambières équestres, des carrés de soie, des vestes épaulées, mais aussi le grand retour du sac Phantom : Rider maîtrise ses références. Il injecte un peu de l’Amérique preppy dans l’élégance parisienne, sans la trahir. Le tout, dans une ambiance qui évoque les débuts de Nicolas Ghesquière, en plus fluide. Céline semble prête à écrire un nouveau chapitre — et on a envie de le lire.
Remplacer John Galliano chez Maison Margiela ? Pas une mince affaire. Mais Glenn Martens s’y est attaqué avec une audace désarmante. Pour son tout premier défilé Artisanal, le créateur belge a convoqué l’architecture flamande, les visages masqués, et les codes de l’invisible chers à Martin Margiela.
Dans une atmosphère feutrée et gothique, le défilé proposait un enchaînement de silhouettes spectrales, jouant sur les illusions d’optique, les matières recyclées et la déconstruction. Des robes de crêpe flottaient comme des âmes, ponctuant un show qui n’avait rien de démonstratif — et tout de radical. Une manière pour Martens de dire qu’il connaît l’ADN de la maison sur le bout des doigts. Et qu’il compte bien le faire muter à sa façon.
Cette Fashion Week Haute Couture 2025/2026 aura été celle des transmissions symboliques : Demna qui s’en va, Rider et Martens qui prennent la relève, les célébrités qui brouillent les frontières entre muses et mannequins. La couture reste un laboratoire d’émotions et d’images fortes, mais cette saison, elle était surtout un champ de passage. De l’ancien au nouveau, de l’icône au mythe, de l’ombre à la lumière.