Retour en 2007 ? La bandage dress s’invite à nouveau dans nos dressings
Écrit par Prodige Mabanza le
bandage dress
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Non, vous ne vous êtes pas réveillé en 2013. Sur TikTok, les internautes sont de plus en plus nombreux·euses à clamer le grand retour de la bandage dress, star des années 2000. L’esthétique “party girl” signe son come-back, contredisant la domination clean girl. Et tout pousse à les croire. De la promo de Barbie à la une de Vestiaire Collective, la robe iconique d’Hervé Léger n’a pas dit son dernier mot.
Avant d’être une réminiscence TikTok, la robe bandage était l’uniforme des soirées les plus select des années 2000. Pensée comme une seconde peau, cette création d’Hervé Léger – de son vrai nom Hervé Peugnet – est née en 1985. Le Français, ancien bras droit de Karl Lagerfeld, imagine une robe stretch structurée, sculptante, quasi architecturale. En 1993, Cindy Crawford enflamme les Oscars avec une bandage dress blanche, bientôt imitée par sa fille Kaia Gerber. Rihanna en fait son alliée en 2006, Kim Kardashian enchaîne les apparitions en version pastel, noire ou nude... La robe devient un symbole d’hyperféminité assumée.

Si elle a eu son heure de gloire avant de sombrer dans la ringardise des années 2013-2015 (en même temps que les Louboutins plateformes et les crânes rasés à moitié), la bandage dress revient. Et pas n’importe comment. Plus structurée, la version 2025 s’upgrade. Maison House of CB en tête, le design gagne en qualité : boning intégré, drapés stratégiques, allure sophistiquée. Sur TikTok, les créatrices de contenu remettent la robe au goût du jour avec nostalgie et aplomb. “Vous vous êtes toujours demandé comment les it-girls des années 2000 avaient l’air aussi snatched ?” demande Sophie Silva dans une vidéo virale. La réponse ? Une robe qui fait tout le boulot.
@notsophiesilva Literally instant 🍈🍈 job I cannot make this up bro. I haven’t felt this confident in a HOT MINUTE so thank you @houseofcb #notsophiesilva#bandagedress#houseofcb#2000s#herveleger♬ Illegal - PinkPantheress
Mais si le retour de la bandage dress peut sembler fun et empowering, il soulève aussi quelques réserves. Car derrière l’effet snatché et les silhouettes sculptées se cachent des souvenirs moins glorieux.
On se rappelle que ces robes n’étaient pas faites pour tout le monde : trop moulantes pour certaines, inconfortables pour d’autres, elles imposaient un moule étroit — au sens propre comme au figuré.
À l’époque, il fallait être fine mais avec des formes (comme les Kardashian) rentrer son ventre et avoir une figure "parfaite". Pourtant, on prétendait malgré tout que ces robes allaient à “toutes les morphologies”.
Aujourd’hui, dans un contexte où les injonctions autour du corps se durcissent à nouveau, où le culte de la minceur ressurgit sous des formes plus insidieuses (le #SkinnyTok vient d'être supprimé de TikTok), difficile de ne pas voir dans ce revival une double lecture. Est-ce qu’on célèbre une mode qui embrasse la puissance du corps… ou est-ce qu’on le reconditionne à se restreindre, encore une fois ?
En 2025, la robe bandage n’est plus seulement une relique d’une époque où Paris Hilton faisait la pluie et le beau temps. Elle revient, revisitée, plus structurée, plus couture. Mais ce retour, aussi stylé soit-il, nous pousse à interroger ce qu’il dit de notre rapport au corps. Car si certaines y voient une célébration de la puissance féminine, d’autres y reconnaissent les relents d’une époque obsédée par la minceur et le contrôle. Une chose est sûre : la bandage dress n’est jamais “juste” une robe. Et si on la ressort aujourd’hui, autant le faire en conscience — moulée, peut-être, mais surtout libre.