Euro féminin 2025 : quelle place pour les joueuses françaises dans la tendance « bloke core » ?
Écrit par Prodige Mabanza le
euro féminin 2025
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Alors que le bloke core s’impose comme une tendance mode à part entière, reprenant les codes vestimentaires des supporters de foot des années 90, les maillots féminins, eux, brillent par leur absence. L’Euro féminin 2025 approche, mais dans la rue comme dans les tribunes, impossible d’ignorer une question : pourquoi ne porte-t-on jamais les noms de Wendie Renard, Sakina Karchaoui ou Grace Geyoro sur nos épaules ? En creux, se dessine un double standard encore tenace, entre hype autour du style football masculin et invisibilisation des joueuses, même les plus iconiques.
Le bloke core a remis le ballon au centre du vestiaire mode. Inspirée des supporters de foot britanniques des années 90, cette esthétique oscille entre maillots vintage, écharpes de club et vibes de pub d’après-match.
“Bloke” est un mot familier anglais qui veut dire “mec lambda”. “Core” vient de “normcore” et désigne un style centré autour d’un univers ou d’un groupe précis. Donc bloke core, c’est littéralement : s’habiller comme un mec lambda, souvent fan de foot.
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Si ça cartonne aujourd’hui, c’est parce que ce style coche plusieurs cases : il est confortable, facile à reproduire, rétro juste ce qu’il faut, et il a ce petit air effortless qui plaît à la Gen Z.
Popularisé sur TikTok et dans les défilés, le bloke core célèbre une culture foot ultra codifiée… mais presque exclusivement masculine. Au dos de ces maillots, on y retrouve souvent "Mbappé", "Dembélé" ou encore "Doué". Mais les maillots "Karchaoui" ou "Renard" se font très rare, alors que l'Euro féminin 2025 débute ce 2 juillet. Car si ce style puise dans l’imaginaire du supporter, il oublie trop souvent celles qui jouent — et gagnent — sur le terrain.
Si les maillots de footballeuses restent largement absents des vestiaires comme des rues, c’est d’abord parce que leur visibilité reste bien en deçà de celle de leurs homologues masculins. Les compétitions féminines, bien que de plus en plus suivies, continuent d’être moins médiatisées, moins commentées, moins célébrées. L’Euro féminin 2025 arrive, mais il suscite encore peu d’engouement grand public, comparé à un Euro ou une Coupe du monde masculine.
Cette différence s’explique en partie par une vieille idée tenace : celle que le foot serait un “truc de mecs”. Une forme de misogynie culturelle qui fait que les exploits des joueuses sont moins valorisés, moins partagés, moins ancrés dans l’imaginaire collectif. Résultat : on connaît les Bleus sur le bout des doigts, leurs maillots se vendent en masse, mais peu de gens seraient capables de citer plus de deux joueuses de l’équipe de France.
Un maillot Mbappé est immédiatement reconnaissable, presque statutaire — là où un maillot Geyoro ou Cascarino reste un “statement” pour initié·es. Pourtant, ce sont toutes des Bleues. Elles jouent pour le même maillot, le même pays, avec le même talent. Et elles mériteraient, elles aussi, de voir leur nom s’afficher sur les épaules du public. Un double standard qui implique un soutien massif derrière les Bleus et un désintérêt envers les Bleues.
A-t-on besoin d'une énième collaboration de grande marque avec Kylian Mbappé ? Il serait peut-être temps pour les marques françaises de mettre en avant nos joueuses à travers des collabs de mode. Par défaut, elles sont en collaboration avec Nike — partenaire officiel de l'Équipe de France. Mais les Bleues devraient avoir les mêmes opportunités que leurs collègues masculins.
Où sont les campagnes avec Wendie Renard en Prada, les capsules autour de Grace Geyoro ou les éditos mode avec Sakina Karchaoui dans les médias féminins ? Les footballeurs sont devenus des icônes de style bankables, courtisés par Dior, Louis Vuitton ou Rolex. Mais côté féminin, le vide est flagrant. La mode adore le storytelling autour du dépassement de soi, du leadership, de l’engagement : ça tombe bien, les Bleues incarnent tout ça. Alors pourquoi ne pas les mettre en couverture, en vitrine, et surtout en valeur ? La responsabilité incombe à la mode, aux médias et au public.
Et si célébrer la culture foot, c’était aussi élargir le terrain ? Porter un maillot de joueuse, ce n’est pas juste faire un statement de style, c’est visibiliser celles qui font vivre ce sport — malgré tout. Il serait peut-être temps d’inventer un bloke core version féminine, plus inclusif, plus engagé, et surtout plus à l’image du football tel qu’il est en train de se réécrire.