Pourquoi le Royaume-Uni instaure-t-il des cours contre la misogynie à l’école ?
Écrit par La Rédaction le
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Si l'actualité nous ont bien appris une chose, c'est que le monde réel peut finir par ressembler à nos séries distopyques préférées comme The Handmaid's Tale. Sauf que cette fois, la riposte féministe s'organise pour de bon dans le monde réel. Dès cette rentrée, le gouvernement britannique frappe un grand coup en rendant obligatoires des cours contre la misogynie au Royaume-Uni dans l'ensemble des établissements scolaires du pays. Terminé le temps où l'on fermait les yeux sur les remarques sexistes sous prétexte que "Boys Will Always Be Boys" soit les garçons seront toujours des garçons en français. Cette mesure d'envergure nationale vise à éradiquer la violence systémique à la racine, avant que l'algorithme des réseaux sociaux ne finisse d'endoctriner toute une génération de collégiens.
Cette décision politique majeure ne tombe pas du ciel, elle répond à une urgence sécuritaire et sociale dramatique sur le terrain. Selon The Guardian, sept professeures femmes sur dix déclarent avoir dû gérer directement des actes de misogynie de la part des élèves. Face à ce constat d'une gravité sans précédent, la ministre de l'Éducation Bridget Phillipson a fait le choix d'une approche résolument préventive. L'objectif affiché est d'intervenir avant le passage à l'acte en déconstruisant les stéréotypes de genre toxiques dès le plus jeune âge, plutôt que d'intervenir uniquement pour sanctionner une fois les dégâts commis.
Pour être réellement efficaces auprès de la génération Z et Alpha, ces nouveaux cours contre la misogynie au Royaume-Uni refusent les discours institutionnels barbants ou déconnectés de la réalité. Les programmes scolaires vont s'attaquer frontalement aux véritables dangers qui guettent les adolescents sur leur téléphone portable. On y parlera évidemment de consentement explicite, de respect mutuel et de relations saines, mais le contenu pédagogique va beaucoup plus loin. Les enseignants, spécialement formés pour l'occasion, aborderont sans tabou la culture Incel (ces célibataires involontaires biberonnés à la haine des femmes), la prolifération des deepfakes à caractère sexuel créés par intelligence artificielle et la rhétorique masculiniste virale incarnée par des figures toxiques comme Andrew Tate.
En effet, le cyberharcèlement touchent de plein fouet les jeunes filles. La désinformation et le sexisme décomplexé qui circulent sur TikTok ou YouTube ne sont pas de simples provocations en ligne, ils façonnent la vision du monde des adolescents. En apprenant aux élèves à décoder la manipulation algorithmique de la manosphère, le système éducatif britannique cherche à créer un bouclier intellectuel chez les jeunes hommes pour les empêcher d'adhérer à ces discours de haine.
Impossible d'évoquer l'instauration de ces cours contre la misogynie au Royaume-Uni sans parler de l'électrochoc culturel provoqué par la mini-série phénomène Adolescence. Visionnée par plus de 66 millions de personnes à travers le globe sur la plateforme Netflix, l'œuvre d'une justesse terrifiante retrace le parcours de radicalisation en ligne d'un jeune adolescent britannique de 13 ans basculant peu à peu dans le masculinisme violent. Ce succès public et critique incontournable a fonctionné comme un véritable miroir tendu à la société civile, forçant les décideurs politiques à regarder en face un problème trop longtemps minimisé.
Le gouvernement britannique avait d'ailleurs rapidement apporté son soutien officiel à une diffusion gratuite de la série au sein des collèges britanniques pour créer le débat dans les classes. Ce parcours sociétal rappelle à quel point les fictions engagées peuvent servir de catalyseurs pour le changement social et l'action publique. En transformant la prise de conscience culturelle en une obligation éducative concrète, le Royaume-Uni pose les bases d'une éducation moderne où la sécurité des filles et l'apprentissage de la prévention de la misogynie deviennent enfin une priorité absolue.