The Handmaid’s Tale saison 6 : entre fiction et réalité, que nous réserve l’ultime chapitre ?
Écrit par Juliette Gour le
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L'attente est enfin terminée, l'ultime saison de The Handmaid's Tale est en diffusion et ça nous donne toujours autant des envies de révolution. Si les dernières saisons ont été pointées du doigt pour le "violence porn" de certains épisodes, l'ultime arc de la saga pourrait bien pousser le public à reconsidérer son jugement. Pourquoi ? Parce que la fiction n'a jamais été aussi proche de la réalité.
Depuis le retour de Trump au pouvoir et l'avènement des mouvements conservateurs au pays de l'Oncle Sam, l'œuvre de Magaret Atwood est encore plus plébiscitée par le public. Comme une prophétie dystopique, on croise les doigts pour que les États Unis ne deviennent pas Gilead.
Démarrée en 2017, The Handmaid's Tale (ou La Servante Écarlate en Français) est une série qui a toujours sorti son épingle du jeu. La faute à une histoire poignante, écrite par la brillante Margaret Atwood. Si la série a connu un succès dès le début, c'est parce qu'à l'époque, elle était l'une des premières à proposer une critique aussi tranchée de la société. Depuis le jour un, c'est une ode au féminisme et c'est l'une des raisons qui explique le succès du show.
Le public avait donc hâte de voir comment l'histoire de June et de toutes les autres rescapées de Gilead va se terminer.
Sans surprise, l'ultime saison reprend l'intrigue là où on l'avait laissé : dans un train en route pour l'Alaska. Dans la voiture, il y a évidemment June – héroïne éternelle de la série – sa fille mais aussi Serena Joy et son fils Noah. De ce simple point de départ, les choses vont s'envenimer petit à petit. On n'en attendait certes pas moins, mais après quelques épisodes plutôt violents, cette lenteur dans l'intrigue déroute un poil (sans pour autant nous déplaire). On sent que cette ultime saison souhaite installer une atmosphère de latence particulière, comme si quelque chose de gros allait nous tomber sur la tête (et on ne sait pas trop si ce sera IRL ou dans la série).
June est toujours bien décidée à faire tomber le gouvernement de Gilead, mais un nouveau paramètre entre dans l'équation : la création d'un état de l'entre-deux, appelé "La Nouvelle Bethlehem", qui prône les valeurs conservatrices de Gilead, mais avec moins de tortures et de traite d'êtres humain. À cette envie de justice s'ajoute la nécessité de secourir Hannah, la première fille de June et la libération de Moira et son mari. À tous ces problèmes s'ajoute évidemment la quête de sens, la remise en question de la foi et la situation des femmes : est-il nécessaire de sacrifier la liberté de la moitié de la population pour maintenir la natalité ? Le débat reste inlassablement le même.
Ce que l'on note surtout, ce sont les similarités étranges qu'il y a entre les prises des positions du gouvernement actuel et la série. Déjà lors du premier mandat de Trump, le réel rejoignait étrangement la fiction (notamment après l'annulation de l'arrêt Roe v. Wade). Plus que jamais, la série se propose comme une vision dystopique de notre futur. Normal donc que le public soit désireux de connaître le dénouement de la série - que l'on espère positif s'il est prophétique.
Ce que l'on note, c'est que cette ultime saison oppose plus que jamais deux profils féminins. Le premier est celui de June (et de toutes les rescapées) : elle est désireuse de liberté et veut se couper de toutes les règles patriarcales qui veulent asservir les femmes. En face, on a Serena, trad wife convaincue et outil de propagande, qui pense que la foi et les sacrifices imposés à Gilead sont la solution à tous les maux de l'humanité.
Ces deux figures s'affrontent dans les prises de positions, mais également dans l'esthétique, la lutte étant représentée par le désordre et les bleus apparents, alors que Serena se balade dans un ensemble impeccable rose.
Ironiquement, on y voit une fois de plus notre société, qui oppose de plus en plus ces deux typologies de femme : la féministe face à la traditionnaliste. Si ça nous fait doucement sourire, cette issue traduit également la prévisibilité de cette opposition – pour rappel, le livre The Handmaid's Tale est sorti en 1985. Sans le prévoir, Atwood avait imaginé cette opposition dans un futur plus ou moins proche pour l'humanité. C'était donc prévisible, mais aussi presque attendu lorsque l'on analyse la tournure que prennent nos sociétés modernes.
À date, on ne sait pour le moment rien du dénouement de l'histoire. On ne sait pas quel camp va l'emporter : le bien et le mal vont donc s'opposer jusqu'à la fin et on n'espère secrètement que Gilead ne l'emportera pas au paradis... Ni dans la série, ni dans la vraie vie.