Oui, sur Tiktok les trentenaires veulent vivre un été de lycéenne et alors ?
Écrit par Camille Croizé le
Oui, sur Tiktok les trentenaires veulent vivre un été de lycéenne et alors ?
Écrit par Camille Croizé le
Oui, sur Tiktok les trentenaires veulent vivre un été de lycéenne et alors ?
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Ce n’est pas un mirage : sur TikTok, les vidéos pullulent de trentenaires qui veulent leur "high school summer". Traduction : un été où l’on ne fait rien de productif, sinon errer en short trop court, un granité à la main, en criant les paroles de Call Me Maybe. Ce phénomène n’a rien d’anodin. Il survient dans un monde où le travail est roi, où les to-do lists sont religieusement cochées et où les étés sont devenus des moments à "rentabiliser". Voilà qu’au milieu de ce tourbillon d’objectifs, certaines réclament le droit de glander comme à 16 ans.
"Je veux tellement passer un été au lycée", a déclaré la créatrice @babykathh dans une vidéo qui compte maintenant plus de 223 000 vues. Puis, dans un autre post devenu tout aussi viral : "Je veux aller à une foire de campagne, je veux être à la plage, je veux conduire dans la voiture avec les fenêtres baissées et la musique à fond avec mes amis... Je veux du yaourt glacé. Je veux avoir l'été le plus juvénile – et j’ai 30 ans."
La vibe est posée : retour aux fondamentaux. Selon elle, qui s’auto-proclame carrément "présidente de classe de l’été de lycée", il s’agit de renouer avec des plaisirs simples, rafraîchissants et surtout accessibles. Pas de budget avion, pas de valise cabine approuvée par une influenceuse voyage. Juste du fun cheap, du spontané, du "on verra bien".
@babykathh It’s lowkey giving recession indicator #highschool#summer#millennial#millennialsoftiktok#relatable#fyp♬ original sound - Katherine ❤️🔥
Vous vous souvenez de ces journées d’été où l’on ne savait même pas quel jour on était ? Où l’on traînait avec des copines sans plan, juste pour "voir ce qu’on va faire" ? Ce sont précisément ces moments que les trentenaires cherchent à ressusciter. Parce qu’elles ont goûté aux étés adultes – entre mails, budget vacances, enfants à gérer ou simple épuisement – et qu’elles veulent désormais des étés sans enjeu.
C’est une nostalgie active : on ne regarde pas son adolescence avec regret, on choisit de s’y replonger consciemment, comme un pied-de-nez au culte de la productivité. L’été de lycéenne n’a pas pour but de nier les responsabilités, mais de créer des parenthèses absurdes et légères dans une vie bien trop structurée.
TikTok, ce n’est pas seulement l’appli des chorégraphies et des recettes de pâtes à la feta. C’est devenu une gigantesque confession collective, où les frustrations de la vie adulte se déguisent en trends pop et colorées. Le "high school summer" s’inscrit pile dans cette lignée. C’est l’antidote DIY à l’épuisement général.
À travers des vidéos où l’on fait du vélo au coucher du soleil ou où l’on mange des glaces à l’eau sur un parking, c’est tout un imaginaire de la liberté qui se reconstruit. Un été version Lady Bird sans la crise existentielle. Pas besoin d’aller à Mykonos pour vivre une aventure : parfois, une fête foraine en banlieue suffit à se sentir vivante.
@babykathh Replying to @BP I present our high school summer bucket list!!! #greenscreen#highschool#summer#millennial#millennialsoftiktok#relatable#fyp♬ original sound - Katherine ❤️🔥
Derrière le vernis rétro de ces étés de lycéenne se cache un vrai besoin de bien-être. Celui de s’écouter, de ralentir, de ne pas "performer l’été parfait" pour Instagram. Se remettre dans des situations simples et sensorielles – la chaleur du bitume, le goût sucré d’un Mister Freeze, le vent dans les cheveux sur la route – permet de revenir à soi.
Il y a, dans cette régression volontaire, une forme de thérapie. Un été où l’on s’autorise à ne pas aller bien, à s’ennuyer, à ne rien accomplir, à être juste là. Si ce n’est pas ça, le vrai glow-up, alors on veut bien troquer notre sérum à l’acide hyaluronique contre un sachet de fraises Tagada.
On ne vous dit pas de faire un reboot total de votre adolescence (franchement, les bracelets brésiliens jusqu’au coude, on peut les laisser là où ils sont). Mais peut-être que cet été, au lieu de chercher à tout optimiser, il faudrait apprendre à traîner (coucou Dilly Dallying). À improviser. À se souvenir que l’insouciance n’est pas une faiblesse mais un muscle à réactiver.
Parce qu’au fond, on ne veut pas vraiment revivre le lycée. Ce qu’on veut, c’est retrouver la sensation d’un été sans direction, sans performance, sans pression. Si cela passe par des balades à vélo au crépuscule et des couchers de soleil sur un terrain vague, alors il serait peut-être temps d’annuler votre séminaire productivité pour aller acheter des bonbons qui collent aux dents.