Exit Chuck et Blair, « Pour toujours » sur Netflix est notre nouvelle love story préférée
Écrit par Prodige Mabanza le
Exit Chuck et Blair, « Pour toujours » sur Netflix est notre nouvelle love story préférée
Écrit par Prodige Mabanza le
Exit Chuck et Blair, « Pour toujours » sur Netflix est notre nouvelle love story préférée
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Plus on grandit et plus on se dit qu'on aimerait bien arrêter de crusher sur des psychopathes et des mecs toxiques dans les séries. Non, échanger sa copine contre un hôtel ce n'est pas ok (Hein, Chuck ?). Et même si on continuera de fantasmer sur les love stories grandioses à la Jack et Rose dans Titanic comme les hopeless romantics que nous sommes, les romances douces, ça fait toujours du baume au coeur.
Avec Pour Toujours, Netflix nous offre une histoire douce-amère, qui esquive les clichés pour mieux nous cueillir. Ici, pas de grand discours ni de baisers sous la pluie mais une exploration sincère du premier amour et de ses maladresses. Avec des personnages sensibles, une représentation de la santé mentale et du black love, la série s’impose comme unelove story générationnelle, imparfaite et touchante (et ça fait du bien ! )
Vous vous souvenez de votre premier amour ? Celui qu'on pense qu'on n'oubliera jamais. Les baisers en cachette, les premiers papillons dans le ventre, les premiers touchers et les timides "Je t'aime" ? Ici, la réalisatrice Mara Brock Akil nous ramène à nos souvenirs d'ados. Devant nos écrans, on a 16 ans à nouveau et on découvre l'insouciance de la première relation. Keisha et Justin, amis d'enfance, se retrouvent à une fête organisée par une amie en commun. D'un coup, le coup de foudre, puis, s'en suit une relation passionnelle et on ne peut plus fougueuse.
Ce qui fait la force de la série, c'est la vulnérabilité des personnages. Ils sont présents l'un pour l'autre, se soutiennent, et, entre deux ou trois blocages (bon, ce sont des ados, on comprend), ils parviennent à communiquer sur leurs ressentis. Mais le grand bol d'air frais, c'est surtout le personnage de Justin. Adieu la masculinité toxique, le jeune homme est hypersensible, et c'est loin d'être une faiblesse. Atteint d'un TDAH (trouble de l'attention et de l'hyperactivité), on le voit pleurer, déprimer, faire des crises d'angoisse. Et c'est tout autant relatable que rafraîchissant.
Ici, on ne crush pas sur un mec violent et toxique, ce qui est très rare dans les séries teen sorties jusqu'ici. Parce que "La pop culture nous apprend à aimer les connards, les bad boys, les hommes violents", d'après Chloé Thibaud, autrice féministe du livre Désirer la violence : Ce(ux) que la pop culture nous a appris à aimer. Pour cause, qui n'a jamais crushé sur Damon de Vampire Diaries ou sur Chuck de Gossip Girl ? (Guilty...). Même ceux qu'on pense être des nice guys sont en réalité malsains (Lucas Scott sous ses allures de poète sensible à quand même trompé Brooke deux fois...).
— Netflix (@netflix) May 11, 2025
Romantiser la violence à l'écran, c'est perpétuer des rapports de domination hérités du patriarcat, et renforcer l’idée que la souffrance fait partie normale des relations hétérosexuelles. Pour Toujours se place complètement à l'opposé, prouvant que l'amour se trouve dans la tendresse, la sensibilité et dans les silences. Keisha et Justin passent parfois du temps ensemble sans se parler. Et dans le brouhaha de leurs vies d'adolescents, ils sont l'un pour l'autre le calme dont ils ont besoin. On ship tellement.
Pendant des années, on a grandi avec des rom-coms calibrées façon 10 Things I Hate About You ou Love Actually, où les couples étaient presque toujours blancs, minces, hétéros. Dans cet imaginaire-là, les personnes noires, quand elles étaient présentes, étaient reléguées au rôle de BFF rigolo ou de love interest badass mais sans vraie storyline. Pour Toujours, c’est tout l’inverse. En mettant en scène un amour noir, doux, maladroit et sincère, la série casse les clichés et propose enfin une représentation où les ados noirs ont le droit d’être vulnérables, d’aimer et d’être aimés sans filtre. Et oui, voir deux jeunes Noirs s’aimer à l’écran sans violence, sans trahison dramatique ni stéréotype, c’est politique.
C'est aussi grâce à des séries et films comme Insecure, Really Love ou encore Love Jones qu'on a des personnages noirs qui ont le droit à des histoires d'amour à l'eau de rose, sans être en arrière-plan. Et le female gaze en est pour quelque chose. Il remet au centre de la conversation le romantisme à la Bridgerton avec des personnages masculins en phase avec leurs émotions.
Représenter un amour noir apaisé, c’est prouver qu’on n’a pas besoin de trauma pour raconter une belle histoire. C'est un acte de soin radical et de réaffirmation identitaire.
Qui n'a jamais écouté une chanson en pensant fortement à son crush, ou créé une playlist pour décrire ce que l'on ressent ? La soundtrack de Pour toujours décrit parfaitement le sentiment de tomber amoureux quand on est ado en 2018. Une playlist immaculée qui navigue entre R&B et hip hop, allant de SZA à Tyler, The Creator et nous plonge encore plus profondément dans l'ambiance langoureuse de la série. Et quand Keisha et Justin n'arrivent pas à poser des mots sur leurs émotions, ils se textent des sons pour se comprendre. La petite touche trop mims qui nous fait encore plus kiffer la série.
Pour Toujours, c’est un peu comme une bouffée d’air après avoir trop respiré l’odeur des relations toxiques à la télé. C’est doux sans être niais, engagé sans faire la leçon, romantique sans tomber dans les clichés. Une série qui nous montre que la vraie tension dramatique peut naître d’un regard qui dure trop longtemps, d’un silence partagé, ou d’une chanson envoyée à 2h du mat. Bref, une love story qui fait du bien — et qui, pour une fois, ne nous donne pas envie de revoir Gossip Girl (aïe).