« Qu’on me sous-estime ? J’adore ça » : Eva Longoria se raconte à Cannes
Écrit par Juliette Gour le
© M. Stojic
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Cannes, premier jour, le rendez-vous est donné au Martinez pour un entretien en toute intimité avec Eva Longoria. Comme à son habitude, elle est divine, parfaitement maquillée, avec un visage sans trace de jet lag (et ce, malgré une interview aux aurores).
S'entretenir avec Eva, c'est comme retrouver une vieille amie. Pour nous tous, elle est un peu française — elle le confesse volontiers — donc forcément, on se sent tout de suite plus à l'aise. Elle fait partie de ces personnalités qui ont une bonne humeur communicative et c'est toujours rafraîchissant.
Une fois de plus, c'est dans le cadre de son partenariat avec l'Oréal Paris que l'actrice / réalisatrice / couteau suisse a posé ses valises à Cannes. Mais cette année, c'est pour célébrer un anniversaire bien particulier : cela fait 20 ans (déjà !) qu'elle collabore avec la marque – une éternité pour le petit monde du marketing. Comme toutes les grandes égéries, elles est indissociable du "Parce que vous le valez bien" et c'est un rôle qu'elle endosse (toujours) à merveille.
Retour sur cette rencontre cannoise pour parler de L'Oréal Paris, mais surtout de tout ce qui anime Eva Longoria au quotidien.
J’ai énormément de chance. Cette collaboration avec L’Oréal m’a transformée. C’est une marque qui célèbre les femmes, qui les valorise. Ce n’est pas seulement une histoire de produits de beauté : c’est un engagement profond pour rappeler à chaque femme qu’elle a de la valeur, qu’elle compte. Travailler avec une marque qui partage mes convictions, qui me ressemble, c’est rare. Et pouvoir porter ce message aux côtés de L’Oréal Paris, c’est un véritable cadeau.
J’ai connu l’époque des sourcils ultra fins – ne me demandez pas pourquoi –, et depuis, tout a changé. Ce qui m’impressionne le plus, c’est à quel point la technologie a transformé la beauté. Il y a vingt ans, je ne pensais pas aux ingrédients ou aux formules. Aujourd’hui, j’attends bien plus de mes produits : je veux savoir ce qu’ils contiennent, comment ils agissent... Mon fond de teint doit aussi être un soin, ma coloration doit nourrir mes cheveux, et mon rouge à lèvres, me protéger du soleil. Les femmes sont devenues exigeantes – et elles ont raison. La beauté ne se contente plus d’être esthétique, elle doit aussi être intelligente. Et L’Oréal, sur ce terrain-là, est toujours en avance.
Être Latina à Hollywood, ce n’est pas un combat, c’est une réalité. Je suis Latina, point. Ce n’est pas une étiquette que je porte, c’est une part entière de qui je suis – et ça se voit dans tout ce que je fais. Je l’assume, je le revendique, je le célèbre. C’est aussi ce qui m’a poussée à créer ma propre société de production : pour ouvrir la voie à d’autres talents latinos, trop souvent oubliés ou mis de côté. Qu’ils soient actrices, réalisateurs, scénaristes ou techniciens, ils ont besoin d’opportunités concrètes, de projets sur lesquels se faire la main, construire un vrai CV. Mon but, c’est de créer cet espace, ce tremplin. Qu’ils puissent arriver à un casting ou à un poste en disant : “J’ai déjà fait ça. Je suis prête.” On a besoin de bâtir ce vivier de talents, solide et visible, sur lequel l’industrie puisse enfin s’appuyer.
Qu’on me sous-estime ? Tout le temps. Et franchement, j’adore ça. Je préfère de loin qu’on me prenne de haut et que je surprenne tout le monde, plutôt que l’inverse. Je suis à mon meilleur quand j’ai quelque chose à prouver. C’est une position que j’affectionne : laissez-moi tranquille dans mon coin, regardez-moi de travers… et je vous montrerai exactement ce que je vaux. Quand je suis passée derrière la caméra, les clichés ont refait surface : “Ah, c’est l’actrice qui veut réaliser”, ou pire encore, “qu’est-ce qu’une femme peut bien savoir ?” Mais j’ai du talent, je le sais, je l’assume. Et c’est cette assurance-là qui m’a portée dans ma carrière de réalisatrice, depuis maintenant quatre ans.
Le prix Lights on Women, c’est plus qu’une récompense : c’est une plateforme, une mise en lumière, un coup de projecteur sur des réalisatrices qui méritent d’être vues et entendues. Et le faire à Cannes, avec une marque comme L’Oréal qui parle à des millions de femmes dans le monde, ça change tout.
C’est dire au public : “Regardez cette femme. Écoutez son histoire. Ce qu’elle crée compte.” Dans une industrie qui est encore loin, très loin, de l’égalité – comme toutes les autres d’ailleurs –, c’est indispensable. Le cinéma, les médias, façonnent notre façon de voir le monde, notre manière de penser les femmes. Alors oui, amplifier les voix féminines derrière la caméra, c’est essentiel. Et si Lights on Women peut contribuer à rééquilibrer la donne, alors on avance.
Ma version plus jeune ? Elle était incroyable. Elle rêvait en grand, elle croyait en elle. Honnêtement, je serais presque intimidée de la croiser aujourd’hui. Elle n’avait pas besoin de conseils, elle savait déjà où elle allait. Mais si je devais lui souffler quelque chose – et c’est ce que je dis à toutes les femmes – ce serait : trouve ta sororité. Entoure-toi de femmes solides, loyales, inspirantes. Celles qui seront là dans les hauts comme dans les bas – boulot, famille, amour, enfants. Parce qu’avoir une tribu, un cercle sur qui s’appuyer, c’est ce qui fait toute la différence.
Préparez-vous à voir beaucoup de beurre et beaucoup de pain ! (rires) Après Searching for Mexico – un hommage à mes racines mexicaines – et Searching for Spain, je rêvais d’un troisième volet. Et j’ai littéralement supplié CNN : je voulais la France. Parce que, même si je ne suis pas née ici, je ressens un lien très fort avec ce pays. La France a révolutionné la gastronomie mondiale. Sauté, flambé, soufflé… Même les mots “restaurant”, “sommelier” ou “bistro” viennent d’ici. On lui doit tellement dans notre façon de manger, de savourer, de célébrer la cuisine. Mais je ne voulais pas seulement revenir sur l’héritage. Ce qui m’intéressait aussi, c’était de rencontrer les chefs d’aujourd’hui, de comprendre où va la cuisine française, ce qu’elle a encore à nous raconter.