Y2K, mais en mieux : la leçon de style selon PinkPantheress
Écrit par Prodige Mabanza le
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Elle vient de sortir son troisième projet "Fancy That", qui est actuellement sur toutes les bouches. La superstar tout droit sortie d'Angleterre s'est faite connaître dans un premier temps sur SoundCloud, avec une palette de sonorités allant d'hyperpop à électro. Par sa musique et son style, PinkPantheress s'est dressée comme une icône Y2K 2.0, née dans l'ère digitale mais nourrie aux pixels des années 2000, comme plusieurs de ses consoeurs de la Gen Z. Et si cette nouvelle génération ne copiait pas le Y2K, mais le réinventait mieux que quiconque, à sa propre image, entre glitchs, nostalgie et ultra-style ?
PinkPantheress, c'est la queen de pousser l'esthétique Y2K à son paroxysme. Elle arbore sans culpabilité des ballerines à toute occasion et des vêtements à motifs léopards. Et dans les pièces phares : robes moulantes, jupes mini ou maxi en fonction du mood. Mais toujours dans le minimalisme poussé. La chanteuse britannique n'a pas besoin d'en faire trop, quand elle porte des vêtements, elle va à l'essentiel. Surtout, elle allie mode et confort.
Dans le clip de Boy's A Liar Pt.2, qui s'est hissé dans le top 10 du Billboard Hot 100 en 2023, elle apparaît, avec Ice Spice (autre icône de la Gen Z), dans un univers rose et très girly. Sa copine porte un ensemble en peau de pêche Juicy Couture, comme une Paris Hilton auparavant, et elle, un gilet crop déchiré, capuche sur la tête. Rien d'extravagant donc, mais toujours un clin d'oeil à ses inspis Y2K.
Un autre motif dont la it-girl raffole, c'est le tartan. Le motif écossais iconique qui évoque tout de suite Cher Horowitz, personnage principal de Clueless, et son ensemble blazer-jupe en jaune. Le tour de force réussi par PinkPantheress, c'est sa capacité à faire des mix inattendus. Sa styliste, Milena Agbaba, qui travaille avec elle depuis 2021, confie à British Vogue : "Pink choisit les pièces les plus bizarres, et je ne sais comment, mais elle arrive à les faire fonctionner."
Elle n'hésite pas à piocher dans le "ugly side" de la mode des années 2000 pour perfectionner son style. Dans son vestiaire, elle ose donc leggings, mélange des motifs et de couleurs, pour faire un outfit à son image. PinkPantheress se passionne aussi de sacs vintage portés épaules. En concert à l'Élysée Montmartre en 2024, elle commente les sacs de ses fans présents pendant l'entracte. Elle finit même par en recevoir quatre en tout, offert par ses admirateurs. Sympa.
@konbini Adorable ! PinkPantheress emprunte le sac d'un fan dans le public de son concert à Paris le temps d'une chanson 🥹 #concert#pinkpantheress♬ son original - Konbini
Les sourcils ultra-fins, c'est sa marque de fabrique. Son inspi ? Ceux de Beyoncé à l'époque de Destiny's Child. Le maquillage discret, c'est cohérent avec tout le reste de son image : tenues minimalistes, personnalité mystérieuse.
"Je m’inspire beaucoup de Beyoncé en matière de maquillage", confie l'artiste dans une vidéo pour British Vogue. "Ses looks du début des années 2000, très minimalistes, avec de beaux sourcils bien dessinés... Elle avait aussi des sourcils fins, et j’adorais ça." Elle ajoute : "L’espace juste en dessous du sourcil, c’est ma partie préférée du visage, et chez elle, c’était toujours sublime. "
Si elle cite Beyoncé comme muse derrière ses sourcils affinés, elle dit ne pas s'inspirer uniquement d'elle. "Je trouve que je ressemble plus à ma mère quand mes sourcils sont un peu plus fins", explique-t-elle. "Et je préfère lui ressembler à elle plutôt qu’à n’importe qui d’autre. "
Mais chez PinkPantheress, le Y2K ne s’arrête pas aux vêtements : c’est un mode de vie à part entière. Contrairement à la majorité des pop stars de sa génération ultra connectées, elle cultive une forme de mystère. Présente sur les réseaux, oui, mais à distance, presque à reculons. Pas de vlogs, pas de stories quotidiennes — juste l’essentiel, parfois flou, souvent rare. Une discrétion qui fascine ses fans, au point qu’ils la filment en concert avec des appareils photo numériques d’époque, ceux qu’on utilisait avant l’iPhone. Grain rétro, flash agressif, esthétique early 2000s jusqu’au bout. Comme si PinkPantheress n’était pas seulement la bande-son d’un revival, mais aussi son image fantomatique, vivante et pixelisée.
Alors, reine Y2K ou mirage TikTok ? Ni l’un ni l’autre — ou peut-être un peu des deux. PinkPantheress incarne une nostalgie ultra-contemporaine, remixée à l’ère du scroll. Elle ne se contente pas de rejouer les années 2000 : elle les transforme en terrain de jeu, de style et de storytelling. En brouillant les lignes entre passé et présent, vintage et viral, elle prouve qu’on peut être une icône générationnelle… même quand on préfère rester floue.