Le nude c’est has been, place au makeup disco
Écrit par Camille Croizé le
Le nude c’est fini, désormais la bouche disco fait sa loi
Écrit par Camille Croizé le
Le nude c’est fini, désormais la bouche disco fait sa loi
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Le règne du clean look aura été bref mais intense. Lisse, discret, un peu trop poli pour être honnête… Il n’aura pas résisté longtemps à la montée en puissance d’un besoin viscéral : remettre du fun dans la beauté. Et qui mieux que les lèvres pour mener la fronde ? Cette saison, elles brillent, claquent, captent la lumière et l’attention sans demander pardon. On enterre les baumes invisibles et les teintes beige rosé comme on zappe une énième playlist‘‘chill vibes’’. À leur place : un revival pailleté directement sorti des années 70, remixé à la sauce 2025. Le disco, c’est l’éclat assumé, le glamour sans modération, et une bonne dose de culot dans un monde qui essaie trop souvent de gommer ce qui déborde.
En beauté comme en mode, les années 70 sont une source d’inspiration inépuisable, et il faut croire que la boule disco est le nouveau totem générationnel. Face à une époque anxiogène et au diktat du minimalisme (esthétique comme émotionnel), la beauté et la mode répondent par la fête. Pas celle qu’on poste en story en sirotant un matcha glacé, non : la vraie, celle où on sue sous les stroboscopes, où on se maquille comme si c’était le dernier soir. Cette énergie-là, on la retrouve aujourd’hui sur les lèvres : pigments flashy, reflets métalliques, laques brillantes à faire pâlir une carrosserie. Parce qu’en 2025, avoir bonne mine ne suffit plus. Il faut scintiller.
Loin des gloss collants de notre adolescence, la version 2025 de la bouche disco se veut technique, presque architecturale. On parle de couches, de textures, de reflets millimétrés. On juxtapose le crayon pour dessiner, le rouge pour frapper, le gloss pour hypnotiser. Et si possible, une touche de nacre ou de paillettes en extra, comme un clin d’œil à Donna Summer ou à la bouche miroir de Miley Cyrus dans Something Beautiful. La bouche devient un accessoire à part entière, aussi statement qu’un sac Balenciaga ou une robe lamée.
Sur les podiums, la tendance est déjà bien installée : chez Miu Miu, on a vu des lèvres métalliques bordées de crayon irisé façon bijou ; chez Antonio Marras, les mannequins affichaient des bouches rouges constellées de confettis pailletés. Même Maison Margiela, sous la houlette de Pat McGrath, a offert une masterclass de lumière avec des lèvres glossy à l’extrême, comme prêtes à refléter chaque flash photo.
Selon la makeup artistKim Paige, basée à Los Angeles, le secret d’une vraie ‘disco lip’ réside dans ‘‘un fini ultra-glossy, des textures scintillantes et une brillance capable de capturer chaque rayon de lumière’’. Autrement dit : une bouche qui fait le show, même sans micro. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette tendance n’est pas réservée aux podiums ou aux festivals. Les versions légèrement iridescentes, s’adoptent aussi bien pour un date, un afterwork ou même un dimanche en solo avec Beyoncé en fond sonore.
La clé, c’est le dosage. Pas question de plonger tête la première dans un pot de paillettes sans un minimum de stratégie. On commence par une exfoliation douce, on hydrate bien (parce que les lèvres craquelées, c’est non), puis on construit son look comme une vraie mise en scène. Un crayon bien taillé, une couleur intense — cerise juteuse, prune électrique, rouge vinyle — puis le graal : un gloss scintillant, appliqué au centre pour l’effet 3D. Si vraiment on veut jouer les pyromanes, on tapote une ombre nacrée au cœur des lèvres. Le reste du makeup ? Minimaliste, histoire de laisser la bouche voler la vedette.
Ce que racontent ces ‘disco lips’, au fond, c’est une histoire de libération. Une envie de briller sans s’excuser, de remettre de la démesure là où tout était devenu trop sage. C’est le rejet de l’invisibilisation, du maquillage fonctionnel, des faux naturels. C’est un appel à l’extravagance, au désir assumé, à l’esthétique qui déborde. Comme si nos lèvres disaient : ‘‘je suis là, je suis brillante, deal with it.’’
Alors oui, les lèvres disco sont là, elles font du bruit, elles captent la lumière et bousculent la norme. Et franchement ? C’est exactement ce dont on avait besoin.