Trois pays, une côte et mille fenêtres : mon road trip de deux semaines en Albanie
Écrit par Juliette Christain le
Écrit par Juliette Christain le
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On en a beaucoup entendu parler ces dernières années comme LA destination pas chère ! J'ai sauté le pas et je suis partie en famille pour un road trip de deux semaines en Albanie. Un pays encore mystérieux pour beaucoup, coincé entre la Méditerranée et les Balkans, avec ses influences ottomanes, ses traces du bloc soviétique et une énergie à la fois brute et accueillante. L’Albanie, c’est ce mélange unique : la beauté de l’Orient et de l’Occident, la rigueur de l’URSS et la chaleur méditerranéenne. Un peuple qu’on n’oublie pas, et qui fait toute la richesse du voyage.
Conseil pratique : mieux vaut arriver avec pas mal d’euros en poche. Tout le monde les accepte, et ça évite les mauvaises surprises des commissions bancaires, même avec N26 ou Revolut.
La capitale albanaise surprend par son énergie un peu chaotique, ses façades colorées et son mélange d’architectures – des blocs hérités de la dictature aux cafés design qui fleurissent partout. On y prend le pouls du pays : une jeunesse dynamique, des rues animées et cette impression qu’ici, tout est encore possible. On comprend vite que Tirana est plus qu’une simple étape de ces deux semaines en Albanie, c’est un premier contact avec le rythme du pays.
Première étape au nord : Shkodër. La ville en elle-même n’a pas un intérêt touristique fou, mais elle réserve des moments inoubliables. Comme cette soirée dans un restaurant où des familles entières se lèvent pour danser ensemble au rythme d’un chanteur : un vrai moment de vie, loin des clichés touristiques.
On est aussi allés voir le fameux pont ottoman. Petite déception : en été, le lit de la rivière est totalement asséché. Et même si le lac de Komani faisait rêver, il faut compter 5 heures de route pour y accéder. À refaire, je prévoirais plus de temps pour explorer les Alpes albanaises. Ce sera pour une prochaine fois.
Conseil pratique : vérifie la saison et ton timing si tu veux bien en profiter.
Berat est une carte postale vivante. Surnommée “la ville aux mille fenêtres”, elle aligne ses maisons ottomanes blanches accrochées à la colline. Le clou du spectacle : sa citadelle qui n’est pas qu’un monument, mais une véritable petite ville encore habitée. On y traverse des siècles, entre vie quotidienne et patrimoine.
Ce qui m’a frappée à Berat, et plus largement pendant ces deux semaines en Albanie, c’est ce côté familial. Beaucoup de restaurants et de commerces sont tenus par des familles : les parents sont en cuisine ou au service, et les enfants, souvent ceux qui parlent anglais, prennent les commandes ou discutent avec les visiteurs. Une ambiance chaleureuse et authentique qui rend le voyage humain et vivant.
Direction Lin, petit village posé au bord du lac d’Ohrid. Ici, le temps ralentit. Loin des foules, on se retrouve face à l’un des plus vieux lacs d’Europe (plus de 300 mètres de profondeur !), mystérieux et envoûtant.
Dans mes deux semaines en Albanie, c’est aussi là que j’ai le mieux mangé de tout le voyage. Mention spéciale à Villa 43 et sa truite blanche unique au monde, qu’on ne trouve que dans ce lac.
Conseil pratique : si vous comptez passer en Macédoine du Nord, prévoyez la fameuse green card pour la voiture. On l’a achetée 50 € à la frontière, alors qu’en l’ayant en amont, elle coûtait 15 € pour un mois.
Dès qu’on franchit la frontière, le contraste est saisissant : on sent que le capitalisme s’est installé ici depuis bien plus longtemps qu’en Albanie. Ohrid, côté macédonien, est une vraie pépite : balnéaire, élégante, pleine de charme. Surnommée “la ville aux 1000 églises”, elle surprend par le nombre impressionnant de lieux de culte orthodoxes, souvent perchés au-dessus du lac, avec des vues à couper le souffle. Un concentré de spiritualité et de beauté, dans une ambiance paisible qui contraste avec l’énergie albanaise.
Suite de mon road trip de deux semaines en Albanie, direction Korçë. La ville est moins photogénique, mais elle m’a offert l’une de mes plus belles découvertes culturelles : le musée de l’iconographie. On y plonge dans l’art byzantin albanais, un univers fascinant qu’on n’a pas souvent l’occasion d’explorer. Les icônes, les couleurs, les détails : c’était incroyablement beau. Pour qui aime l’art et l’histoire religieuse, c’est un passage obligé.
Petite incursion qui déroute de nos deux semaines en Albanie, car étape en Grèce pour réaliser un rêve de longue date : les Météores. Ces monastères perchés sur d’immenses falaises sont irréels et spectaculaires. Entre beauté géologique, fresques orthodoxes et architecture improbable, l’endroit impressionne. On a choisi de les découvrir à vélo électrique, et c’était parfait pour profiter des paysages tout en ayant des explications détaillées.


Suite du road trip de deux semaines en Albanie. On en rêvait, mais la Riviera albanaise m’a un peu déçue. Le littoral est marqué par une urbanisation rapide, des immeubles laissés à l’abandon… L’envers du décor d’une croissance trop rapide.
Heureusement, quelques perles sauvent l’expérience. Butrint, par exemple, est un site archéologique hors du temps. Ruines et nature se mêlent, évoquant presque les temples mayas engloutis par la jungle. On y croise des vestiges de toutes les époques – hellénistique, romaine, vénitienne – dans un cadre exceptionnel, entre lagune et Méditerranée, avec Corfou en toile de fond.
Autre moment marquant : une excursion en bateau depuis Vlorë. On découvre des plages inaccessibles par la route, des grottes, des falaises polies par l’eau. Certes, tous les bateaux font le même tour, mais se baigner dans ces criques turquoise reste un vrai bonheur.
Dernière étape de mes deux semaines en Albanie. Avant de remonter vers Tirana, on s’arrête à Gjirokastër, la ville-musée. Préservée par le dictateur Hoxha, elle raconte l’histoire albanaise à travers ses maisons-forteresses et ses ruelles pavées. On y comprend mieux la vie quotidienne des familles d’autrefois.
Non loin de là, l’Œil bleu est une parenthèse magique. Cette source aux reflets hypnotiques, entourée de nature, donne l’impression de plonger dans une légende. L’Albanie dans ce qu’elle a de plus brut et poétique.
Deux semaines en Albanie, trois pays traversés (Albanie, Macédoine du Nord, Grèce), une côte, encerclé de ses magnifiques montagnes, et des milliers de fenêtres ouvertes sur l’histoire. L’Albanie, c’est un voyage de contrastes : entre Orient et Occident, entre traditions et modernité, entre béton et nature préservée.
Si c’était à refaire ? Je prévoirais plus de temps pour les Alpes albanaises, mais peut-être un peu court pour deux semaines en Albanie. En tout cas, je ne m'attarderai peut-être pas sur la riviera. Mais je repartirais sans hésiter, car ce pays ne se contente pas de paysages : il vous offre une rencontre avec un peuple, un mode de vie et une énergie qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Voyager, c’est aussi prolonger le voyage par les mots. Si l’Albanie et les Balkans vous intriguent, voici quelques recos culture à découvrir avant, pendant ou après votre séjour :
🎧 Podcast – Affaires Sensibles (France Inter)
Un épisode passionnant sur l’histoire récente de l’Albanie :
👉 Affaires Sensibles – Le dernier dictateur stalinien d’Europe
📖 Jean-Christophe Rufin – Le Revenant d’Albanie
Un roman qui plonge dans les paradoxes de l’Albanie contemporaine, mêlant histoire, politique et société. Le livre aborde aussi la réalité de la mafia albanaise, un aspect du pays souvent méconnu mais traité ici avec finesse et humanité.
📖 Ismaïl Kadaré – Le Palais des rêves
L’auteur emblématique de l’Albanie. Toute son œuvre est marquée par la dictature, les mythes et l’histoire de son pays. Même si je n’ai lu que Le Palais des rêves, c’est un vertige littéraire et poétique qui permet de mieux comprendre le pays.
📖 Madeline Miller – Le Chant d’Achille
Directement tiré de notre sélection Booktok, j'ai choisi ce livre pour prolonger le voyage côté Grèce. Un roman mythologique moderne, qui nous plonge dans la mythologie en nous racontant une magnifique histoire d'amour entre Achille et Patrocle.