‘Babël : Celebration’, la teuf mystique qui rend Ibiza à nouveau cool
Écrit par Camille Croizé le
‘Babel : Celebration’, la teuf mystique qui rend Ibiza à nouveau cool
Écrit par Camille Croizé le
‘Babel : Celebration’, la teuf mystique qui rend Ibiza à nouveau cool
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Chaque été, la même rengaine : Ibiza se transforme en vitrine géante pour DJs internationaux, fêtardes et influenceuses en bikini sponsorisé. Mais entre les mégaclubs impersonnels et les soirées sur yachts hors de prix, la magie s’est évaporée, noyée quelque part entre un énième téléphone levé pour filmer un drop et une bouteille de rosé sabrée au ralenti. Pourtant, il reste encore des lieux qui croient en la nuit comme rituel, comme exaltation collective, comme scène pour réenchanter le réel. Cette saison, c’est au Teatro Pereyra, dans le vieux cœur battant d’Ibiza, que tout va se jouer. Laissez tomber les playlists prévisibles et les paillettes sans âme : avec BABËL : CELEBRATION, la fête retrouve enfin du sens et surtout du sacré.
C’est un peu comme si le Studio 54 avait décidé de renaître, version méditerranéenne, boosté à l’encens et aux séquences live imprévisibles. BABËL : CELEBRATION, c’est le projet de Waël Mechri-Yver, cerveau créatif derrière les nuits new-yorkaises les plus stylées (Gospël à SoHo, ça vous parle ?), qui a décidé de ramener un peu de transcendance dans la fête. Ici, pas de line-up dévoilé à l’avance, pas de carré platine barricadé par des cordons de sécurité. Pas de téléphone non plus — car comme le dit Mechri-Yver lui-même :“La magie ? Elle a disparu autour du quatrième téléphone levé dans les airs pendant un drop pré-enregistré. Dans un monde où l’adoration des DJ ressemble à une doctrine et où chaque téléphone sur la piste de danse sert de miroir, BABËL inverse le script.”
La promesse ? Une collision soigneusement orchestrée entre musique, humanité et surprise. Une cérémonie qui se vit, pas qui se filme.
Chaque jeudi soir, du 5 juin au 29 août, le mythique Teatro Pereyra — fraîchement restauré — se transforme en sanctuaire nocturne. On parle ici d’un lieu fondé en 1898, niché au pied de Dalt Vila, qui a vu défiler artistes en tout genre bien avant que les influenceuses ne sachent ce qu’est un algorithme. Avec ses miroirs vintage, ses dorures et son atmosphère moite, le théâtre est l’écrin parfait pour cette renaissance disco-théâtrale.
Et pour celles qui veulent vraiment vivre la fête, The Living Gallery devrait faire monter la température : un espace scénographié par Dani Morla et son équipe de DOSE Studio, où sculptures, toiles et installations vibrent au rythme des corps. Pas juste un club, mais une œuvre mouvante, où l’on danse avec l’art et non pas juste à côté. BABËL explique qu’“avec les 50 artistes triés sur le volet, l’espace deviendra un monde immersif où les peintures respirent, les sculptures pulsent et l’art danse avec la foule.”
Chez BABËL, on oublie la guerre des BPM et les transitions millimétrées qui sentent le business plan. Ici, vous pourriez très bien entendre un set 100% vinyles disco, une cérémonie de percussions chamaniques et une session improvisée de musique électronique jouée en direct, le tout en une seule nuit — parce que, comme le rappelle Mechri-Yver : “Ce n’est pas une question de genre. C’est une question d’énergie. La piste de danse est l’endroit où les histoires se déploient. Nous sommes ici pour écrire un nouveau chapitre excitant.” Et ce chapitre, il ne se vit pas en story, mais en étant totalement présent. Dans une époque où même le plaisir est filtré, cette fête-là s’affirme comme un retour à l’intime, au vivant, au brut.
Pas besoin d’un yacht ou d’un sugar daddy à lunettes miroir pour exister sur la scène d’Ibiza cet été. BABËL fait le pari d’un public hétéroclite, vibrant, et surtout pas réduit à des silhouettes à liker. En réhabilitant la nuit comme un espace de réinvention de soi, cette célébration invite les femmes à reprendre leur place sur la piste — pas pour être regardées, mais pour ressentir.
Plus question d’être les décors sexy d’un énième DJ en résidence, mais les actrices principales d’une expérience à haute teneur émotionnelle. On s’habille comme on veut, on danse comme si personne ne filmait (icipersonne ne le fait), et on retrouve, l’espace d’un set, cette chose oubliée qu’on appelle la liberté.
Alors, où faire la teuf à Ibiza cet été ? Certainement pas là où tout le monde va. Celles qui cherchent encore à vibrer vraiment savent déjà où aller. Le rendez-vous est pris chaque jeudi au Teatro Pereyra. Pas besoin de filtre, juste de l’envie de se perdre — pour mieux se retrouver.