Zillennial : êtes-vous cette micro-génération coincée entre MSN et TikTok ?
Écrit par Juliette Christain le
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Le zillennial, c'est cette créature hybride née entre 1992 et 1998, coincée dans un marasme temporel, une génération un peu bâtarde culturellement... Trop jeunes pour avoir payé un crédit immo à 20 ans comme les vieux Millennials, mais trop vieux pour comprendre du premier coup les danses TikTok sans se faire un tour de rein. Bref, le zillennial a un pied dans l'argentique et l'autre dans l'algorithme. Pour comprendre ce phénomène sociologique documenté par le Pew Research Center, il faut observer son enfance.
Comment savoir si vous squattez cette case socio-rigolote ? Regardez votre historique de vie. Si votre tout premier téléphone ressemblait à une brique mais que vous aviez déjà un smartphone en classe de seconde, vous êtes un vrai zillennial. La position dans la fratrie change aussi la donne. La cadette née en 1997 qui a grandi avec des grands frères scotchés à Skyrock aura des gros réflexes de Millennial. Par contre, si cette même fille de 97 est l'aînée et qu'elle a une petite sœur née en 2004, elle va pomper tout son vocabulaire Gen Z et finir par dire « c'est banger » sans aucune ironie.
Le test ultime pour savoir dans quelle case vous ranger, c'est MSN. Le Millennial pur jus a poncé le logiciel durant ses meilleures années de collège. Il écrivait son pseudo en caractères spéciaux illisibles, balançait des wizz toutes les deux secondes pour harceler sa BFF et se mettait en hors-ligne pour pouvoir réfléchir tranquille à LA réponse à envoyer son crush.
Le zillennial, lui, a goûté aux tout derniers soubresauts de MSN en primaire ou au début du collège, juste avant que Facebook ne débarque en 2009 et ravage tout sur son passage. Pour eux, MSN c'est un souvenir embrumé de webcam floue et de Skyblogs plein de paillettes GIF. La Gen Z, de son côté, n'a littéralement AUCUNE idée de ce qu'est un wizz et a débuté sa vie sociale sur Snapchat. Si le bruit d'une notification MSN vous déclenche encore une crise de tachycardie nostalgique, bienvenue chez les zillennials.
Côté pop culture, c'est le grand écart permanent. Le Millennial a fait la queue à minuit devant la librairie pour le tome 7 de Harry Potter. La Gen Z a grandi avec le son d'Olivia Rodrigo et l'esthétique Y2K piquée sans vergogne à nos années collège. Le zillennial, lui, rassemble le pire et le meilleur des deux mondes. On a regardé Harry Potter au cinéma pendant nos goûters d'anniversaire, mais on a aussi appris par cœur la chorégraphie de Soulja Boy et Flo Rida en soirée pyjama, tout en laissant crever nos Nintendogs dans un coin de la chambre.
Sur le plan féministe, le zillennial s'est pris de plein fouet les années 2000 et leur culture pop ultra-toxique, saturée de magazines féminins qui traquaient la moindre cellulite de Britney Spears. Mais en arrivant à la fac, on a pris la grande vague post-Me Too en pleine figure. On a désappris tous les clichés sexistes de notre enfance pour embrasser le body positivisme et l'intersectionnalité. Une émancipation salutaire.
Au boulot, le zillennial est un caméléon bien pratique. On a la rigueur du Millennial qui veut bien faire son travail et qui maîtrise l'art du mail bien formulé, mais on a hérité du culot légendaire de la Gen Z. Après avoir vu nos aînés Millennials frôler le burnout généralisé pour faire plaisir à des managers toxiques, le zillennial a dit c'est bon, très peu pour moi.
On fait notre boulot très sérieusement de 9h à 18h, mais à 18h01 la boîte peut brûler, on a éteint Slack. Le quiet quitting et le télétravail sans culpabilité, c'est notre grande spécialité. On sait pertinemment que la loyauté à une entreprise ne paie pas le loyer ni l'inflation. Pour explorer ces sujets de carrière et d'émancipation féminine au travail, faites un tour sur les articles engagés de Herstory.
En amour, c'est le marasme nostalgique. Le zillennial a connu ce monde lointain d'avant les applications, l'époque bénie où on se draguait au lycée par SMS limités à 60 par mois ou en laissant des mots doux sur le mur Facebook de l'autre. Sauf qu'on a fêté nos 18 ans pile au moment où Tinder, Happn et Bumble ont débarqué pour transformer le flirt en buffet à volonté.
Résultat des courses ? Une fatigue monumentale face au ghosting et au breadcrumbing. On maîtrise les cartes de visite virtuelles et le swipe à 200 à l'heure, mais au fond, on rêve juste d'une rencontre spontanée dans un bar sans passer par un algorithme. Une vision des relations modernes et du dating qui peut quand même conduire à la dating fatigue contrairement à la Gen Z qui redéfinit les codes des relations amoureuses.