Pourquoi on veut toutes faire du sport sous 40 degrés ?
Écrit par Alice Legrand le
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Depuis quelques mois, les cours "hot" ont envahi la scène fitness. YUJ, pionnier du yoga infrarouge, fait des émules : EPISOD a lancé HEAT, son studio de training sous 40 degrés, et Club Lulu surfe sur la vague du Pilates chauffé, ou hot pilates. Sur le papier, on active sa circulation, on booste ses endorphines et on se "détox" à tout va. Mais faut-il y voir une vraie avancée bien-être ?
On a enfilé notre legging pour y voir plus clair.
À la sortie de notre cours de yoga infrarouge dans le nouveau studio YUJ situé à deux pas de Rue de la Pompe, dans le 16ème, on a le visage rouge tomate et le front dégoulinant. Mais attention, cette fois-ci, on l’a voulu. La sueur fait aujourd’hui son grand retour… mais version chic.
La pratique du hot yoga n’est pas nouvelle : les plus anciens se souviennent du Bikram, ce yoga sous 40 °C popularisé dans les années 90, qui a autant fait parler pour ses postures que pour ses dérives… Mais 2025 n’a plus grand-chose à voir avec cette esthétique : désormais, on transpire dans des studios design, ambiance bois clair, lumière tamisée, playlist léchée et surtout, chaleur douce par infrarouge qui pénètre en profondeur.
"La chaleur infrarouge ne doit pas être confondue avec une chaleur étouffante ou contraignante. C’est une technologie douce, qui chauffe le corps de l’intérieur sans élever exagérément la température ambiante. Elle pénètre les tissus en profondeur (jusqu’à 3,8 cm), ce qui permet d’en tirer tous les bénéfices physiologiques, sans inconfort thermique", nous explique Benoît Mazerat, CEO d’EPISOD.
Certaines études montrent que l’exposition modérée à la chaleur peut notamment avoir des effets positifs sur la circulation sanguine et le stress. Bref, on ne transpire plus pour souffrir, on transpire pour rayonner, littéralement.
Si le hot yoga avait bien besoin d’un rebranding post-Bikram, YUJ Yoga s’est imposé comme la pionnière cool et consciente du genre. Fondé en 2017 par Hélène Duval, le studio a été le premier en France à miser sur la chaleur infrarouge pour transformer la pratique du yoga en expérience sensorielle holistique.
Le yoga infrarouge, c'est une pratique dans la pénombre tamisée, à la lueur des bougies, enveloppé d’une douce chaleur entre 30 et 35 °C, qui détend les muscles, fluidifie le mouvement et invite à un vrai lâcher-prise : "Je voulais créer un cocon chaleureux, propice à une connexion profonde avec soi", nous confie Hélène Duval à propos du yoga infrarouge.
L’idée du yoga infrarouge, inspirée de son propre parcours de yogini, a d’abord suscité de la curiosité, un peu de scepticisme, puis un bouche-à-oreille fulgurant. Résultat ? Une communauté fidèle, des studios à Paris, mais aussi des retraites partout en France, et surtout une identité bien à part dans le paysage du yoga urbain.
Alors forcément, la tendance du yoga infrarouge inspire. Club Lulu, adresse sportive en pleine hype parisienne, vient d’ouvrir un studio de hot Pilates dans le 2e, ambiance murs à paillettes, petits groupes et playlist calibrée. De son côté, Episod - le mastodonte du training premium - lance son concept HEAT, dédié aux séances de renforcement musculaire sous chaleur.
Le twist ? On s’éloigne du yoga pour flirter avec le fitness. Bandes élastiques sous infrarouge, squats ambiance sauna... "On a voulu proposer une vraie alternative à l’entraînement classique. Quelque chose qui complète une routine d’athlète mais qui reste accessible à un public plus large. Qui conjugue intensité, innovation technologique et bénéfices physiologiques, et surtout, qui respecte le corps, même dans l’intensité", assure Benoît Mazerat.
Dans une séance de HEAT, "la chaleur joue comme un catalyseur. Les muscles sont plus réactifs, les mouvements plus précis, la récupération plus efficace. Et en sortant du cours, les gens ont vraiment le smile. Il y a ce sentiment d’avoir dépassé quelque chose", souligne Benoît Mazerat. "On ne vient pas simplement transpirer. On vient créer un impact physique profond et durable, avec une vraie montée en compétence du corps", poursuit-il.
Les adeptes parlent d’un "effort plus profond", d’une meilleure récupération, d’un effet glow instantané. Et même si la chaleur n’est pas magique (spoiler : elle ne fait pas forcément maigrir), elle favorise la circulation, l’oxygénation des tissus, et apporte ce petit supplément de bien-être qui donne envie de revenir.
"La chaleur infrarouge agit différemment d’une chaleur classique : elle chauffe le corps de l’intérieur, stimule la circulation sanguine, favorise l’oxygénation des tissus et la détente musculaire. Cela améliore la souplesse, réduit les tensions et peut effectivement aider à la récupération musculaire", nous explique Hélène Duval. Bref, le sport sous 40 degrés a pris un sacré coup de chaud - et dans le bon sens du terme.
Mais qu’en dit la science ? "Des études ont montré que l’infrarouge lointain peut soutenir l’élimination des toxines par la transpiration et améliorer la qualité du sommeil. Quant à la perte de poids, elle n’est pas miraculeuse, mais elle peut s’inscrire dans une démarche globale de bien-être et d’activité physique régulière", poursuit Hélène Duval.
Évidemment, il y a quelques contre-indications : pas de hot yoga pour les femmes enceintes, les personnes avec des pathologies cardio ou une tendance à l’hypotension. Mais pour tous les autres ? C’est safe, à condition d’écouter son corps (et de boire de l’eau, beaucoup d’eau).
Nous, on ressort de là avec l’impression d’avoir tout donné, d’être sortie de notre zone de confort et d’avoir survécu à 39°C en legging noir. Et ça, ça fait du bien.