« Too Much », pas assez ? Pourquoi la nouvelle série Netflix de Lena Dunham (et surtout Megan Stalter) fait mouche
Écrit par Prodige Mabanza le
too much netflix
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Une rupture, une fuite à Londres, un crush sur un musicien paumé… et une chienne habillée en nuisette. Voilà le point de départ de Too Much, la nouvelle série Netflix signée Lena Dunham. Huit ans après Girls, la créatrice revient avec une rom-com semi-autobiographique aussi drôle que chaotique, portée par une révélation : Megan Stalter. Exubérante, attachante, émotive jusqu’à l’excès, elle incarne une héroïne “trop tout” — et c’est exactement pour ça qu’on l’adore.
Avec Too Much, Lena Dunham fait son grand retour derrière la caméra pour Netflix. Mais cette fois, elle délaisse le rôle principal pour laisser briller une autre étoile montante : Megan Stalter. Et autant dire que c’est un choix qui paie. Dans cette série librement inspirée de sa propre histoire d’amour avec le musicien Luis Felber, Dunham signe une comédie romantique qui commence comme un classique – une trentenaire larguée quitte New York pour reconstruire sa vie à Londres – mais qui se révèle bien plus tordue, sensible et névrosée qu’une Love Actually 2.0.
Jessica, le personnage principal, a tout de l’archétype “messy” cher à Dunham : une trentenaire un peu perdue, très expressive, trop bruyante, trop intense, trop tout. Le genre de femme qu’on qualifie souvent de “too much”, justement. Sauf qu’ici, c’est exactement ce qu’on célèbre. Elle pleure, elle rit, elle insulte l’ex de son ex par iPhone interposé, elle fait des blagues douteuses, elle hurle dans la rue – et c’est précisément ce qui la rend si vivante, si aimable, si réelle.
Face à elle, un musicien lunaire joué par Will Sharpe, qui incarne l’anti-prince charmant parfait pour une romance décalée : un peu fuyant, un peu paumé, mais profondément doux. Ensemble, ils forment un duo fragile et touchant, loin des couples idéalisés. Un vrai crash émotionnel qui fait mal… mais fait du bien.
Megan Stalter n’est pas encore très connue du grand public français, mais Too Much pourrait bien tout changer. La comédienne de 34 ans, déjà repérée dans Hacks, crève ici littéralement l’écran. Jessica est hétéro, mais elle partage beaucoup de traits avec Megan Stalter elle-même, femme queer à l’humour décapant et au tempérament ultra expressif. Une version ‘hétéro de moi’, dira-t-elle avec humour. C’est même tout l’enjeu de la série – réhabiliter le “trop” comme une force.
Originaire de l’Ohio, issue d’un milieu très évangélique, Megan a galéré avant de trouver sa voie. Poésie, théâtre, impro, stand-up, Instagram… Elle passe par toutes les cases avant d’exploser avec ses vidéos absurdes et mordantes, notamment le culte Hi Gay, satire hilarante du pinkwashing. Dans Too Much, elle parvient à injecter toute cette énergie et cette mélancolie dans un rôle écrit pour elle sur mesure par Dunham. Elle y est à la fois exaspérante et bouleversante, grande gueule et vulnérable, drôle et déchirante. Une vraie héroïne de rom-com 2025, comme on n’en avait pas encore vue.
Derrière ses punchlines et ses regards caméra gênants, Megan Stalter livre aussi une ode au self-love assumé. “Je suis chanceuse d’aimer mon gros cul”, dit-elle au Guardian, en réaction à l’obsession hollywoodienne pour l’Ozempic. Et elle envoie valser au passage tous les diktats qui voudraient qu’une héroïne romantique soit mince, discrète et polie. Jessica n’est rien de tout ça – et c’est tant mieux.
Si Too Much est clairement un projet personnel (coécrit avec son mari), Lena Dunham choisit cette fois de s’effacer un peu. Elle n’apparaît que brièvement dans la série, dans le rôle très méta de la sœur névrosée, et laisse la lumière à Megan Stalter. Une forme de maturité ? Peut-être. Mais surtout une preuve que Dunham a compris que son regard sur l’amour, le corps, la douleur et le ridicule pouvait aussi passer par d’autres visages que le sien.
Et pour celles et ceux qui avaient peur que la série soit “trop Dunham”, rassurez-vous : Too Much est plus tendre, moins autocentrée, plus généreuse que Girls. Il y a bien quelques moments cringe, bien sûr (on ne se refait pas), mais surtout beaucoup d’humanité. La série flirte avec le grotesque sans jamais perdre de vue son cœur : parler de la reconstruction après la chute, de la solitude, du besoin d’être vu·e tel·le qu’on est.
Cerise sur le gâteau : un casting 5 étoiles (Naomi Watts, Andrew Scott, Adèle Exarchopoulos, Emily Ratajkowski...) vient ponctuer cette histoire de manière savoureuse, sans jamais éclipser l’essentiel.
Too Much, c’est la comédie romantique qu’on n’attendait pas forcément mais dont on avait besoin. C’est bruyant, chaotique, parfois gênant… mais profondément touchant. Et c’est surtout le show de Megan Stalter, qui s’impose en reine du “trop” comme on les aime : authentique, drôle, imparfaite et lumineuse. À binge-watcher d’urgence.