Héléna en interview, simplement Hélé
Écrit par Florina le
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Pour notre cover automnale, on voulait vous surprendre en vous proposant Héléna en interview. Cette chanteuse qu’on croyait connaître depuis la Star Academy, et qu’on redécouvre aujourd’hui pleinement à travers ses chansons. Très engagés et très intimes, ses textes frappent en plein cœur, comme des confidences qu’on n’oserait jamais se dire à soi-même. Et c’est là toute la force d’Héléna : dire des choses simples et justes, mais qui nous font évoluer avec elle, par elle.
En la regardant grandir sous nos yeux à la Star Academy, on a fini par se sentir proches d’elle, presque comme d’une amie qu’on connaît depuis toujours, avec ses qualités, ses défauts et sa sincérité brute.
Avec ses chansons-conseil, Héléna nous livre cette version d’elle-même : la copine qu’on aime, qu’on écoute et en qui on croit.
Dans son interview, elle revient sur sa réédition, sur son rapport à ses fans et à l’après-Star Academy, et sur l’artiste qu’elle est devenue. Elle se livre avec humour et émotion, et nous rappelle pourquoi on ne peut qu’être touché par sa voix et ses histoires.
On vous laisse la découvrir en mots ici. Pour le show, Héléna fera son premier Zénith le 6 novembre, avec un prochain concert prévu en avril, preuve que sa sincérité séduit toujours plus de monde.
Héléna : Oui, c’était la danse. J’ai commencé vers quatre ou cinq ans, et j’étais bouleversée de pouvoir bouger sur de la musique. Je crois que quand on aime danser, on aime forcément la musique. C’est là que le lien s’est créé. Et puis j’ai arrêté pendant un moment, avant de reprendre plus tard, vers 16 ou 17 ans, avec le piano et le chant. Mais à la base, tout vient de la danse, c’est ce qui m’a appris à écouter, à ressentir.
Héléna : Christophe Maé ! (rires) C’était mon idole absolu. C’était aussi mon premier concert : mon frère m’avait offert des places, j’avais 7 ans. J’écoutais ses chansons avec ma mère dans la voiture, je chantais à tue-tête… Cri Cri forever, clairement. Et encore aujourd’hui, quand je réécoute ses albums, j’ai l’impression d’avoir 7 ans à nouveau.
Héléna : Avec beaucoup d’émotions, mais aussi une certaine naïveté. Ce n’est pas humain, en vrai, de vivre un tel changement du jour au lendemain. On ne t’y prépare pas. Heureusement, j’étais bien entourée : mon équipe, mes proches, ma famille. Ça m’a permis de garder les pieds sur terre, de comprendre cette dualité entre ma vie d’artiste et ma vie normale.
Je crois beaucoup au destin, aux étoiles qui sont alignées et moi ça a été le cas au bon moment dans ma vie.

Héléna : Exactement. À la base, c’était juste pour moi. J’avais besoin de me libérer d’une histoire que je traînais depuis l’adolescence. Une relation compliquée, presque envahissante, que j’ai mise des années à digérer.
Et quand la chanson est sortie, j’ai reçu des tonnes de messages : des filles, des garçon, des proches… “C’est mon mauvais garçon à moi !” Certains m’ont même dit : “Grâce à ta chanson, j’ai quitté le mien.” Et ça, ça m’a bouleversée. Je me suis dit : ok, si ma douleur peut aider d’autres à ouvrir les yeux, alors tout ça a un sens.
Je voulais dire à moi-même et aux autres : personne ne mérite d'être traité comme ça et il faut peut-être que quelqu'un nous le dise
Héléna : Oui, parce que tout ce que j’écris vient d’expériences vécues ou ressenties. Capuche, par exemple, parle du harcèlement de rue et de ce sentiment d’insécurité que toutes les femmes connaissent. Boule au ventre, c’est une chanson sur les crises d’angoisse que j’ai découvertes après la Star Ac.
Quand on vit un tel tourbillon d’attention, même positive, c’est parfois trop. Les gens veulent être proches, parfois trop proches. Certains attendaient devant les hôtels à deux heures du matin… et si on disait non à une photo, c’était “elle se prend pour qui ?”. Mais ce n’est pas ça, ce n’est jamais du mépris. C’est juste une question de limites, d’équilibre.
Héléna : Oui. J’ai compris qu’être gentille ne veut pas dire tout accepter. Le lien avec le public doit rester un échange, pas une appropriation. Et c’est ce que j’essaie de raconter dans mes chansons : cette recherche de juste milieu, entre ouverture et préservation.

Héléna : Complètement. C’est une chanson née d’un moment tout simple : le retour du beau temps, les copines, les maillots de bain… et la pression qui revient avec. Je me disais “faut que je perde un peu de poids”. Et puis j’ai eu un déclic : est-ce que ça vaut vraiment le coup de se rendre malheureuse pour trois kilos que personne ne voit ?
Body, c’est ça : apprendre à se trouver belle pour de vrai, à arrêter de se comparer. Et le plus fou, c’est qu’elle m’a aidée moi autant qu’elle a aidé ceux qui l’écoutent.
Héléna : Oui. Je prends soin de moi différemment maintenant. Je me fais les ongles, je prends le temps de me maquiller comme j’aime. Ce sont des petites choses, mais elles me font du bien. Avant, je pouvais sortir d’une cabine d’essayage déprimée. Aujourd’hui, j’ai compris que le problème, ce n’était pas moi : c’était juste les vêtements.
Je crois que j'ai réussi à savoir comment je me trouvais belle


Héléna : Tellement. Hélé, c’est la fille derrière la chanteuse. C’est celle qui doute, qui pleure, qui rit. Je voulais un disque sincère, qui me ressemble. J’aime que les gens voient les deux facettes : la fille normale sur Instagram, et la chanteuse sur scène. Les deux sont vraies.
Héléna : Oui, un peu. Je voulais plus de chansons à défendre sur scène, arrêter de chanter des covers. C’est une façon de dire : voilà, maintenant, c’est mon univers. J’ai écrit jusqu’en juillet pour une sortie en octobre, tout est allé vite, mais je ne voulais pas attendre.
Héléna : Que tout arrive au bon moment. Même les mauvaises choses. Elles nous apprennent quelque chose. Et surtout : ne jamais arrêter de rêver. C’est naïf, peut-être, mais c’est ce qui me fait avancer.
Elle nous quitte avec ce même sourire qui traverse toutes ses chansons. Héléna, c’est la preuve que la douceur peut être une force. Une artiste qui ne triche pas, et qui, au fond, a trouvé la plus belle des réponses à tout : rester vraie.