Arianne, de la caserne à la manette : le parcours sans filtre de Cocottee
Écrit par Florina le
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Cocottee : Salut à tous ! Je m'appelle Arianne Vallières, mais on me connaît sous le nom de Cocottee. J'ai 26 ans.
Cocottee : Le métier que j'ai toujours rêvé de faire quand j'étais petite — je ne sais pas trop pourquoi —, c'était pompière. Je voulais vraiment être pompière ou travailler dans la police pour aider les gens.
Cocottee : Oui, tout à fait ! J'ai été pompière pendant trois ans. Et puis du jour au lendemain, avec la COVID, tout s'est arrêté. J'ai alors décidé de me lancer comme streameuse, un nouveau métier que je ne connaissais pas du tout auparavant. Et aujourd'hui, c'est devenu une réelle passion.
Cocottee : Quand j'étais jeune, je ne jouais pas beaucoup aux jeux vidéo. Je jouais surtout à Mario Kart, Mario Party, Nintendogs... tous ces jeux sur console DS. Mais je n'étais pas du tout une « gameuse ». C'est venu beaucoup plus tard, en réalité pendant la période de la COVID. C'est vraiment à ce moment-là que mon côté gaming s'est révélé.

Cocottee : Au tout début, j'ai commencé à streamer pendant la COVID. Comme tout le monde, je n'avais rien à faire. J'ai décidé de jouer à un jeu vidéo qui s'appelle Call of Duty et je suis littéralement tombée amoureuse de ce jeu. J'y ai énormément joué, au point de devenir pro. Je participais même à des compétitions à 100 000 euros, c'était vraiment trop bien. Puis, on m'a glissé à l'oreille : « Est-ce que tu savais qu'il existe une plateforme appelée Twitch, où tu peux jouer tout en parlant avec les gens ? ». Allier le gaming et la discussion, je me suis dit : « Pourquoi pas ? » Parler, c'est mon activité préférée au monde. Je me suis donc lancée sur Twitch et ça a tout de suite percé. Par la suite, j'ai développé ma propre direction artistique en faisant du Just Chatting, des lives de voyage, etc.
Cocottee : C'est assez simple, en vrai. Mon copain de l'époque me présentait souvent en disant : « Je vous présente ma Cocottee. » Je trouvais ça très mignon, alors je me suis dit : « Pourquoi pas, je vais m'appeler Cocottee. » De plus, au Québec, une « cocottee » désigne une pomme de pin, donc je trouvais le clin d'œil sympa. Rien à voir avec une poule ou une cocottee-minute comme chez vous !
« Je crois qu’après toutes ces années, le meilleur côté de mon métier, c’est vraiment de parler avec des gens. Mais c'est surtout aussi tous les événements de dinguerie que je fais. »
Cocottee : Sans hésiter, parler avec les gens et découvrir de nouvelles personnes. Mais c'est aussi la chance de vivre des expériences de fou et de participer à des événements de dinguerie que je n'aurais jamais imaginé faire un jour : l'Eleven All Stars, le GP Explorer, ou encore des tournages comme notre Hunger Games IRL.
Cocottee : Le côté un peu négatif du métier, c'est que l'on a parfois beaucoup de mal à préserver sa vie privée. Après, cela fait partie du jeu, on s'y attend. En revanche, ce que je ne contrôle pas et que je trouve vraiment dégradant pour les femmes, c'est le problème des deepfakes. Voir des gens prendre mon visage pour le coller sur le corps de quelqu'un de nu, c'est une vraie dinguerie. C'est extrêmement malsain, d'autant plus que je n'ai jamais osé exposer mon corps de cette manière. Et là, ils le font via une IA. Ce n'est vraiment pas terrible.
Cocottee : Selon moi, je trouve qu'on commence à être un peu plus sensibilisés. Ces pratiques commencent à être perçues comme quelque chose de tellement enfantin et de dégradant que les gens finissent par comprendre qu'il faut arrêter. Il y en a encore beaucoup trop, bien sûr, mais les mentalités évoluent. Les gens comprennent que ça ne sert à rien à part nuire et dégrader la personne.

Cocottee : Le moment le plus marquant, celui qui restera gravé toute ma vie, c'est sans conteste le GP Explorer. Cet événement m'a énormément bousculée mentalement, j'ai dû accomplir un énorme travail sur moi et sur ma confiance. Surtout après l'accident que j'ai eu en piste : j'avais complètement perdu mes moyens. C'est à force de persévérance, en retournant pratiquer encore et encore, que j'ai réussi à surmonter ça. Après un an d'entraînement, d'efforts, de larmes et de sourires, terminer cet événement a été le moment le plus « wow » de mon existence. En plus d'avoir fait une très bonne performance, se retrouver devant des milliers de personnes qui nous encourageaient... Recevoir autant de soutien du public après avoir tant travaillé sur soi, c'était le meilleur feeling possible.
Cocottee : Pour moi, c'est capital de prouver qu'une femme a totalement sa place, que ce soit dans le gaming, dans le sport, ou littéralement partout ailleurs. Les femmes ont autant leur place que les hommes. En montrant mon côté sportif au Eleven All Stars avec la séance de pénaltys, j'ai pu prouver que je savais bien jouer au foot (ou au soccer, comme on dit chez nous). C'est la même chose pour le gaming, où j'ai pu faire des compétitions sur Call of Duty. Peu importe le domaine, l'événement ou le parcours de base, la femme a légitimement sa place.
« Lancez-vous. Vraiment, on s'en fout, on s'en bat les couilles des gens qui te jugent. Faites juste y aller, poussez. Vous n'avez rien à perdre. »
Cocottee : Oui, c'est parfois difficile de montrer que c'est un vrai métier. C'est vrai que je fais des choses extraordinaires : j'ai piloté une F4, j'ai joué au Parc des Princes devant 50 000 personnes, j'ai participé à un Hunger Games IRL... Tout ça est incroyable, mais c'est dur à décrire. Les gens ne s'en rendent pas compte, mais derrière la caméra, il y a énormément de travail : toute la gestion, le dérushage des vidéos, le management des employés... Il y a un envers du décor très lourd. Mon défaut est que j'accepte beaucoup trop de projets ; je me retrouve tellement débordée que j'en oublie de penser à moi et de prendre du repos. Dans l'univers du divertissement, il y a cette pression constante : si tu disparais pendant un mois, les gens t'oublient. On se sent obligée d'être toujours présente, ce qui fait qu'on ne prend presque jamais de congés. Quand on a du mal à dire non comme moi, cela peut finir par peser sur le moral. Mais cela n'enlève rien au fait que je fais les meilleurs événements du monde.

Cocottee : À toutes les femmes qui liront ceci, je vous dis : lancez-vous. Vraiment, on s'en fout — et passez-moi l'expression —, on s'en bat les couilles du jugement des autres. Des personnes m'ont jugée toute ma vie en me répétant : « Tu ne vas jamais réussir, tu n'y arriveras pas. » Regardez où j'en suis aujourd'hui, tout simplement parce que je ne les ai pas écoutées. Allez-y, foncez. Si vous aimez le gaming, foncez dans le gaming. Si c'est le sport, allez dans le sport. Vous n'avez absolument rien à perdre, littéralement.
Cocottee : La petite Arianne du début serait extrêmement fière de voir où elle en est aujourd'hui. Jamais elle n'aurait imaginé devenir créatrice de contenu ; à l'époque, je ne savais même pas que c'était un métier et je ne me serais jamais vue faire du divertissement devant une caméra. Je pense qu'elle est très heureuse, parce qu'elle a pu réaliser son rêve d'être pompière pendant trois ans, et qu'elle exerce maintenant un métier qu'elle adore et qui est devenu une véritable passion.
Cocottee : Je pense qu'on est bonnes, tout a été dit. Un grand merci à Herstory en tout cas ! Ça se voit que j'ai mangé avant l'interview, le saumon m'a complètement réveillée. D'habitude, je bugge tout le temps et je bégaye énormément, mais là, c'est mieux passé que d'habitude. On va dire que c'est l'effet du saumon !