Accusé de violences sexuelles, Théo Navarro-Mussy écarté du Festival de Cannes
Écrit par Prodige Mabanza le
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"J’avais moi-même pris le parti de ne pas venir"… Sauf que cette fois, c’est Cannes qui a dit non. Pour la première fois, le Festival interdit à un acteur accusé de violences sexuelles de monter les marches. Une décision aussi inédite que nécessaire, dans un milieu où l’omerta commence – timidement – à se fissurer.
Ce mercredi 14 mai, Télérama révèle que Théo Navarro-Mussy, à l’affiche de Dossier 137 de Dominik Moll, a été écarté de la sélection officielle. En cause : des accusations graves de viols et de violences conjugales, portées par trois anciennes compagnes, pour des faits présumés remontant à 2018, 2019 et 2020. Le Festival, en accord avec la production, a pris les devants.
Pour justifier cette décision, Thierry Frémaux, délégué général, invoque la poursuite de l’instruction : "Quand la justice passe définitivement, cela devient différent", explique-t-il à Télérama. Officiellement, la plainte initiale a été classée sans suite en avril 2025, mais les plaignantes entendent aller plus loin, en se constituant partie civile. L’acteur, lui, se défend via son avocate : "Je n’ai reçu aucune information qu’une quelconque procédure se poursuivait."
Mais du côté de Cannes, la prudence l’emporte : "Il faut agir au cas par cas, spécialement quand surgissent des éléments nouveaux", insiste Frémaux.
Cette exclusion s’inscrit dans un nouveau cadre éthique imposé par le Festival. Désormais, les productions doivent garantir "les conditions de sécurité, d’intégrité et de dignité des personnes tout au long du processus de fabrication" d’un film. Un engagement encore rare dans le milieu – et qui pourrait faire école.
Le cas Navarro-Mussy n’est pas isolé. En 2022, l’acteur Sofiane Bennacer avait lui aussi été écarté de plusieurs projets après des plaintes. Le signal est clair : la tolérance zéro pourrait enfin ne plus être un slogan creux dans le cinéma français.
Le Festival de Cannes, longtemps pointé du doigt pour son silence, amorce un changement. Tardif, certes. Mais s’il ouvre la voie à un traitement plus responsable des violences sexistes et sexuelles dans l’industrie, c’est peut-être le début d’un virage. Reste à voir s’il tiendra au-delà des projecteurs.