10 comptes Instagram qui sont la définition même du féminisme 2.0
Écrit par Erine Viallard le
Écrit par Erine Viallard le
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Vous scrollez Instagram en quête de contenu qui fait un peu plus de bien que de mal à votre santé mentale ? Vous tombez parfois sur des mèmes sexistes entre deux pubs ? Il est peut-être temps de nettoyer votre feed et d’y injecter une bonne dose de féminisme. Mais pas celui, lisse et édulcoré, qu’on vous sert pour cocher une case marketing. Non, on parle ici de vrais comptes engagés, gérés par des personnes qui tapent là où ça fait mal, avec humour, pédagogie, ou colère bien placée.
Être féministe en 2025, c’est avoir la rage ET le Wi-Fi. C’est scroller entre deux posts sponsorisés et tomber sur une énième pub pour des culottes menstruelles "empouvoirantes", pendant qu’un député explique très sérieusement qu’on peut "être violent sans faire mal". C’est jongler entre charge mentale, injonctions au self-care et burn-out militant. Mais c’est aussi refuser qu’on nous vende le féminisme comme un filtre Instagram.
Aujourd’hui, être féministe, c’est politiser l’intime, débunker les discours TikTok sur la "soumission féminine" et appeler un viol un viol, même si l’agresseur est un mec cool sur Twitch. C’est se battre pour les droits, tous les droits, surtout ceux qu’on pensait acquis. Et c’est ne plus jamais s’excuser d’avoir dit trop fort ce que d’autres murmurent depuis trop longtemps.
Instagram a ouvert grand les portes de la parole féministe. Il a donné un mégaphone à celles qu’on faisait taire. C’est là que les mêmes féministes ont pris leur envol, que les témoignages #MeToo ont explosé, que des comptes comme @memespourcoolkidsfeministes ont fédéré des communautés entières autour de punchlines bien senties et de réflexions profondes sur l'égalité des sexes et les stéréotypes de genres. C’est là aussi que de nombreuses jeunes femmes ont pu découvrir les luttes féministes, comprendre les mécanismes du patriarcat, apprendre à nommer ce qu’elles ressentaient depuis toujours sans jamais avoir eu les mots.
Pour beaucoup, le militantisme a commencé par un scroll: une story qui interpelle, un post qui réveille, un commentaire qui questionne. Et c’est souvent en ligne que les premières prises de conscience ont germé. Pas dans un amphi, pas dans un bouquin, mais sur un écran. Ce n’est pas rien. Créer une association, organiser une manif, débattre avec sa famille... Tout ça peut naître d’un feed Instagram bien bâtit.
Mais si le réseau est un tremplin, il peut aussi devenir un piège. Un espace où le militantisme se transforme en tendance, où l’on poste plus qu’on n’agit, où le féminisme se résume à une esthétique pastel et des citations en lettres capitales sur fond beige. Et surtout, un endroit où la violence est omniprésente. Insultes, harcèlement, menaces : les féministes le savent bien, les commentaires haineux ne restent pas confinés au digital. Ils s’invitent dans nos lits, nos transports, nos vies - littéralement. Ce n’est pas parce que c’est virtuel que ce n’est pas violent.
Alors, Instagram : faux ami ou allié du féminisme ? Peut-être un peu des deux. Mais une chose est sûre : c’est un lieu où les voix se croisent, s’élèvent, se renforcent. Un champ de bataille numérique, où chaque post peut être une arme – ou une armure.
En bref, être féministe, c’est avoir les yeux ouverts. Refuser de détourner le regard face aux injustices, qu’elles soient criantes ou banalisées. C’est croire que l’égalité n’est pas une option mais une nécessité, et que nos voix – même sur Instagram – peuvent faire bouger les lignes.
Ces 10 comptes Insta sont de vraies mines d’or pour nourrir vos réflexions, secouer vos certitudes, et retrouver un peu de sororité numérique. Un féminisme à la fois pop et radical, incarné et sans compromis, à suivre sans modération.
Engagée sur tous les fronts (féminicides, inégalités, représentations sexistes), l’association Osez le Féminisme !informe, alerte et propose des solutions concrètes. Leur compte est une mine d’infos pour passer à l’action.
Avec son scalpel militant, Rose Lamy analyse la façon dont les médias racontent les violences sexistes et sexuelles. Spoiler : souvent mal. Elle déconstruit les titres à double tranchant et redonne la parole aux victimes. Un compte indispensable pour comprendre comment le patriarcat s’infiltre dans nos journaux.
Capucine Coudrier, créatrice du compte @ovairestherainbow, décrypte l’actualité avec un prisme féministe bien affûté. Entre posts engagés, contenus éducatifs sur les droits LGBTQIA+ et témoignages poignants, elle met aussi en lumière un sujet encore trop tabou : les violences conjugales chez les ados. Un combat personnel, puisque Capucine a elle-même survécu à une relation abusive entre ses 15 et 18 ans.
À coups de vidéos hilarantes et ultra-engagées, Camille et Justine mettent les pieds dans le plat sur des sujets parfois trop vite balayés : culture du viol, racisme, justice à deux vitesses, cyberharcèlement… On rit jaune, mais on apprend beaucoup sur les sujets féministes.
C’est trash, c’est drôle, et c’est toujours dans le mille. Le compte Je m’en bats le clitodégaine des punchlines féministes comme des claques bien méritées. Parfait pour celles et ceux qui veulent rire et réfléchir, sans devoir choisir. Provocateur ? Oui. Mais nécessairement percutant. Alors merci à notre féministe préférée qui est derrière ce compte, akaCamille Aumont Carnel.
Le compte de Nous Toutes, ce n’est pas juste des chiffres glaçants sur les féminicides. C’est aussi un espace de ressources, de solidarité, de mobilisation. Un rappel que derrière chaque post, il y a une lutte bien réelle.
Tu ne sais jamais quoi répondre quand un mec relou te sort "t’as tes règles ou quoi ?" ? @punchlinettes a la répartie qu’il te faut. Ce compte alimente notre arsenal de punchlines drôles et bien senties pour clouer le bec aux relous du quotidien. À consommer sans modération.
Un compte 100 % dédié au seul organe entièrement dédié au plaisir ? Oui, merci.@gangduclito déconstruit les tabous autour de la masturbation féminine, célèbre le clitoris et éduque les jeunes filles - et pas que. Bref, un compte qui fait du bien aux femmes.
Derrière ce compte : Anna Toumazoff, militante féministe française qui a lancé des hashtags aussi puissants que #UberCestOver ou #SciencesPorcs. Son arme ? L’humour, mais pas celui qui fait rire les misogynes. Ici, les mèmes sont engagés, les reels décortiquent la culture du viol, le racisme ou les inégalités judiciaires. Bref, c’est drôle mais surtout intelligent. Spoiler : vous allez apprendre des trucs.
Un post est égal une claque. Sur @taspensea, la charge mentale se décline en mèmes, témoignages et vérités qui font mal à la tête. Un compte précieux pour mettre des mots (et des visuels) sur ce qu’on vit sans toujours pouvoir l’expliquer.