Prendre un congé sabbatique du c*l pour renouer avec sa libido ? Pourquoi pas
Écrit par Erine Viallard le
Écrit par Erine Viallard le
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On connaît le congé sabbatique professionnel, ou quand un jeune se rebelle et utilise cette carte joker pour faire une pause dans le système scolaire. Mais un congé sabbatique du sexe ? Moins glamour sur le papier, et pourtant, pas si bête.
Parce qu'entre la charge mentale, les enfants (ou pas), le travail et l'injonction à être une déesse du désir à toute heure - coucou le mythe de la "femme fatale" - la libido, elle, en prend un coup.
C'est comme cela que la journaliste américaine Sarah Wheeler a mis le doigt sur une tendance pas si bête : faire une pause volontaire dans sa vie sexuelle - pour que sa libido reparte. Un moyen pour les femmes de se libérer d'une pression invisible - mais bien ancrée. Car oui, et si le problème ce n'était pas le manque de sexe, mais l'obligation d'en avoir ?
Si on écoute la société (et certains partenaires un peu trop pressants), le sexe est censé être un besoin vital, aussi essentiel que boire de l'eau ou payer son loyer. Sauf qu'en réalité, après quelques années de relation, il peut devenir une case à cocher pour se dire que "ça fonctionne toujours" mais plus ce plaisir spontané - qu'est de base une relation intime.
Les études sont formelles : après 10 ans de vie commune, 1 couple sur 4 se considère en "mariage sans sexe"(moins de 10 rapports par an). Et qui culpabilise ? La femme comme d'habitude. La faute à qui ? Au bon vieux "devoir conjugal"... Pendant des siècles, les femmes ont été conditionnées à répondre aux attentes sexuelles de leur mari, sous peine d’être cataloguées comme frigides ou de "mettre en péril leur couple". Une pression sournoise qui pèse encore sur celles qui osent dire non.
Et pourtant cela est commun de ne plus faire l'amour autant qu'avant. D’après le sexologue Patrick Papazian, la sexualité est souvent reléguée au second plan après quelques années de vie de couple, généralement entre 5 et 10 ans après les premiers rapports. Autrement dit, ce fameux "plus comme aux premiers jours" n’est pas juste un mythe.
C'est alors qu'on sort l'excuse du "désir", or le désir ne disparaît pas par magie. On le sait, le stress, la fatigue et la charge mentale jouent un rôle majeur dans la baisse de libido. Et ça on peut tous en attester : après une dure journée, qui a encore l’énergie pour un marathon sous la couette ?
Alors, plutôt que de s’acharner avec des rendez-vous hot et de la lingerie en dentelle qui gratte, pourquoi ne pas tout arrêter un moment - juste pour voir ?
Dans l'imaginaire collectif, faire une pause dans sa vie sexuelle, c'est un peu le premier pas vers le divorce. Comme si le sexe était l'unique ciment d'un couple. Pourtant, plusieurs experts en sexologie s'accordent à dire qu'un break peut au contraire raviver le désir.
Vous voyez ce moment où vous vous forcez juste pour faire plaisir à l'autre - et que vous regrettez dès les premières minutes ? C'est ce qu'on appelle le "sexe par devoir" - et c'est mal. Une pause permet donc d'éliminer cette pression pour retrouver le vrai désir.
Et au pire, si l'envie ne revient pas ? Ce n'est pas forcément grave. Parce qu'au final, le but, ce n'est pas de "réparer" sa libido comme on répare une machine en panne, mais de comprendre ce qu'on veut vraiment.
Le véritable problème du congé sabbatique sexuel, ce n'est pas qu'il existe, mais qu'il doit encore être accepté par les hommes. Parce que dans notre société, le désir masculin est sacré, alors que celui des femmes est en option.
Quand un mec n'a pas envie ? "Il est fatigué, il a trop de boulot." Quand une femme n'a pas envie ? "Elle ne fait pas d'efforts, elle a un problème, elle est chiante." Bizarrement, quand une femme propose une pause sexuelle, c'est souvent vu comme un drame. Alors qu'en réalité, c'est peut-être la meilleure chose à faire pour redécouvrir une sexualité qui lui ressemble.
La journaliste Sarah Wheeler, qui a testé cette idée avec son mari, raconte qu'après six mois sans sexe, elle s'est rendu compte qu'elle aimait toujours ça. Mais surtout, qu'elle ne voulait plus jamais le vivre comme une obligation.
Alors, et si on faisait enfin passer le message ? Que le sexe, c'est bien, mais que s'arrêter, c'est parfois encore mieux. Et que la meilleure manière de raviver le désir, c'est peut-être d'arrêter de se mettre la pression et de se forcer.