Non, tout le monde ne rêve pas d’être en couple : cette étude casse les idées reçues
Écrit par Juliette Gour le
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S’il y a bien une chose que l’on a retenue de la dernière campagne de Donald Trump, c’est que lui et son colistier – J.D. Vance – détestent les “lonely cat ladies” (comprenez les “vieilles filles à chat”). Heureusement, Taylor (Swift) a répondu aux deux hommes blancs et a sauvé l’honneur des millions de femmes célibataires et fières de l’être. Si cette prise de position politique nous fait doucement sourire en Europe, elle traduit une crainte grandissante chez les communautés masculines attachés aux vieilles traditions. Toute cette stigmatisation des femmes et le conservatisme grandissant ne font qu’affirmer la même chose : s’il y a bien une chose qui fait (manifestement) peur aux hommes, ce sont les femmes qui ne veulent pas entrer dans le moule. Une fois de plus, on doit cette idée reçue au bon vieux patriarcat qui, sous couvert de bienveillance (parce que tout le monde sait qu’une femme doit être protégée par un homme) laisse croire à qui veut bien l’entendre qu’une femme célibataire est une femme défaillante.
En janvier 2025, on publiait sur Herstory un article sobrement intitulé “Oui, les femmes célibataires sont plus heureuses que les hommes célibataires (c’est la science qui le dit)” qui mettait en lumière le confort réel que les femmes gagnaient en étant célibataires. La cause première de cet apaisement au quotidien ? La réduction de la charge mentale. Avec plus de 73% des tâches ménagères encore assumées par les femmes au sein du foyer (sans parler des rendez-vous chez le médecin, de la programmation des vacances, des courses, des enfants), la gent féminine a tout intérêt à rester célibataire si elle veut avoir la paix.
En complément de cet article, une récente étude publiée dans la revue Social Psychological and Personality Scienceanalyse le bien-être des hommes célibataires vs celui des femmes. Et spoiler : une fois de plus, les femmes célibataires sont mieux dans leurs baskets.
S’il y a pléthore d’études qui sortent ces dernières années sur les femmes célibataires, c’est qu’il y a une raison : avec l’avancée des luttes féministes en Occident, les vieux stéréotypes de genre ont la vie dure. L’ouverture de la parole sur le célibat féminin pousse également de plus en plus de femmes à ne plus essayer de correspondre aux codes de la société. Sur les réseaux sociaux, on trouve de plus en plus de contenu qui mettent à mal le schéma classique du couple. Pourquoi ? Parce que la responsabilité du foyer impute toujours sur les femmes et que les nouvelles générations ne veulent plus passer leur vie à s’occuper d’un homme qui n’est pas capable de laver ses slips seul.
Blague à part, selon l’université de Toronto, il y aurait une augmentation croissante de la satisfaction des femmes célibataires. Les chiffres sont assez limpides : 42 % des femmes souhaitent rester célibataires, contre seulement 30 % des hommes.
Ce qui est étonnant, c’est que cette étude a en majorité été menée sur des sujets âgés de plus de 30 ans. On pourrait naïvement croire que la génération de la fin du millénaire est encore un poil attachée aux vieux schémas, mais il n’en est rien. Les femmes de cette génération, plus au fait de la réalité du couple, semblent plus désireuses de rester célibataires, parce qu’in fine “mieux vaut être seule que mal accompagnée”. Comme quoi, les grand-mères ont toujours raison.
En ce qui concerne la sexualité des sujets célibataires, il n’y a pas réellement de surprises : les hommes seuls sont moins satisfaits dans leur vie intime que les femmes et ça, c’est grâce au Womanizer. Ici aussi, cette différence est liée à la démocratisation du plaisir en solitaire chez les femmes. Grâce à des comptes comme @jemenbatsleclito, elles sont de plus en plus à tenter l’aventure de l’amour en solitaire et cette tendance a un impact direct sur les ventes de toys. Depuis le confinement en 2020, c’est un marché en constante augmentation (+50% entre 2019 et 2021) et ce n’est pas près de s’arrêter : le bureau d'étude PwC estime que le marché devrait encore augmenter entre 2025 et 2026.
Pour ne rien enlever à ça, les femmes sont également plus enclines à avoir des aventures d’un soir ou des sex Friends. L’évolution des mœurs a permis aux femmes de se libérer sexuellement et ce n’est pas pour leur déplaire. S’il y a encore quelques masculinistes qui débattent sur le body count des femmes sur Internet, les choses se sont globalement améliorées depuis l’époque de nos mamans et ça, c’est une belle victoire.
Cette étude donne certes le sourire, mais elle pose une question essentielle : pourquoi les hommes semblent subir le célibat plus que les femmes ? Dans une société qui subit encore les deux dogmes du passés, on éduque encore les garçons dans l’idée qu’accorder de l’intérêt à une femme est un privilège. On leur explique également que leur seule mission pour être “un bon homme” c’est de protéger leur compagne (comme s’il y avait des dragons à tous les coins de rues). La pop culture n’est pas en reste : pendant longtemps on a montré des schémas de couple toxiques, qui mettent en avant des partenaires masculins ultra-possessifs et destructeurs (coucou Chuck Bass).
Tous ces paramètres n’aident pas les hommes à évoluer en adéquation avec les nouvelles normes sociétales et cette incompréhension face au monde à un impact sur les mentalités : selon le dernier rapport du Haut Conseil de l’Égalité entre les hommes et les femmes, les nouvelles générations sont de plus en plus masculinistes. La perte de repères poussent les jeunes hommes à écouter des discours rassurants, qui les confortent dans leur toute puissance. Résultat, les grandes méchantes dans l’histoire, ce sont les femmes, parce que c’est à cause d’elles que les hommes sont célibataires (CQFD). Le problème, c’est que dans cette mouvance anti-femmes croissante sur Internet, les hommes considèrent que le célibat leur est imposé, et ils n’arrivent pas à concevoir que la solitude peut être choisie par les femmes. Et tant que cette notion de choix de sera pas intégrée par les hommes, ils continueront à percevoir leur célibat comme une punition.
La solution à tout ça ? Comme toujours, c’est l’éducation. En continuant à déconstruire les vieux schémas, on offre des alternatives au patriarcat et ça, c’est bénéfique pour les femmes comme pour les hommes et c’est comme ça qu’on avance. Ensemble.