Et si votre dépression venait… de votre mec ?
Écrit par Camille Croizé le
On ne l’avait pas vu venir mais embrasser représente un risque pour la santé mentale (si, si)
Écrit par Camille Croizé le
On ne l’avait pas vu venir mais embrasser représente un risque pour la santé mentale (si, si)
À lire aussi

Vous pensiez qu’embrasser quelqu’un, c’était mignon, romantique, voire carrément thérapeutique ? Raté. Selon une nouvelle étude, votre bouche pourrait bien être une arme bactériologique déguisée en machine à câlins. Et si vous vous sentiez down ces derniers temps, la coupable est peut-être cette personne que vous embrassez matin, midi et soir. Oui, on parle bien de cette info qui fait frémir toutes les fans de baisers langoureux sous la pluie : il existerait un lien entre les microbes échangés pendant les bisous et l’apparition de troubles mentaux comme la dépression ou l’anxiété. En gros, l’amour, ça donne peut-être des papillons dans le ventre, mais aussi des bactéries pas franchement feel good dans la bouche.
Si vous pensiez que c’était exagéré, sachez qu’une équipe internationale de chercheurs s’est penchée très sérieusement sur le sujet. En gros : dites adieu au French kiss insouciant, et bonjour au baiser de la déprime.
Il est petit, invisible, et il squatte votre bouche en silence : le microbiote oral, cette communauté de bactéries qui colonise nos muqueuses, pourrait bien avoir un impact direct sur notre santé mentale. Ce n’est pas la première fois qu’on découvre qu’il ne sert pas qu’à digérer les restes de falafel coincés entre les dents. Dans cette nouvelle étude publiée dans la revue Exploratory Research and Hypothesis in Medicine, des scientifiques indiens, italiens et britanniques se sont penchés sur 1.740 couples, dont certains mariés depuis moins de six mois. Leur objectif ? Comprendre si l’échange de microbiote entre partenaires pouvait être lié à une augmentation des symptômes anxieux et dépressifs.
Le résultat n’est pas exactement celui auquel on peut s’attendre : au bout de quelques mois de vie commune, les partenaires initialement en bonne santé mentale ont vu leurs scores de dépression grimper. Et leur sommeil en prendre un coup. La bactérie n’a donc pas seulement squatté les canapés, elle a aussi hacké leur bien-être.

Vous pensiez que la seule chose que vous partagiez en couple, c’était un abonnement Netflix et une passion pour les chips au vinaigre ? Encore raté. À force de roulages de pelles et de vie à deux, la flore buccale des partenaires s’aligne. Et ce qui ressemble à une anecdote d’hygiène dentaire devient un indicateur de contagion émotionnelle. L’étude suggère que certaines bactéries liées à l’insomnie, à l’anxiété et à la dépression peuvent se transmettre via le baiser. Autrement dit, l’état mental de votre partenaire pourrait biologiquement vous influencer – et ce, bien au-delà de ses petites humeurs passives-agressives du quotidien.
Les chercheurs précisent : “Le transfert du microbiote oral entre individus en contact étroit, comme les couples dans la présente étude, pourrait jouer un rôle dans la dépression et l’anxiété.” Alors oui, on savait déjà que les hormones pouvaient se synchroniser entre personnes très proches. Mais là, on parle carrément d’un effet bactérien. Et le plus terrifiant, c’est qu’il suffirait de quelques semaines pour que les microbiotes fassent la bringue ensemble.
Avant de brûler votre baume à lèvres préféré ou de faire vœu de chasteté buccale, quelques nuances s’imposent. Comme le rappellent les auteurs de l’étude, leurs conclusions sont basées sur des autoévaluations, avec tous les biais que cela implique. Difficile aussi de faire le tri entre ce qui relève du transfert bactérien pur et ce qui tient à la cohabitation : alimentation, rythme de vie, stress partagé. Bref, le coupable n’est pas forcément uniquement la langue.
Cela dit, l’idée que nos bactéries puissent affecter notre cerveau n’est pas totalement farfelue. D’autres recherches ont déjà associé le microbiote intestinal à la dépression et à l’anxiété. Désormais, il va falloir aussi surveiller ce qui se passe dans la bouche.
On plaisante (un peu), mais cette étude ouvre quand même un champ de réflexion inattendu sur les dynamiques de couple et leur influence mutuelle. Qu’une relation toxique s’imprime biologiquement dans le corps de l’autre n’a rien d’absurde. Cela vient renforcer une vérité intuitive : les femmes, souvent celles qui assument le poids émotionnel, encaissent beaucoup plus que leur part — parfois même jusqu’au niveau physique.
Et si embrasser, c’était aussi absorber la douleur de l’autre, au sens littéral ? Si c’est le cas, alors non seulement il va falloir revoir les recommandations de l’OMS en matière de santé mentale, mais aussi, potentiellement, reconsidérer ce date Tinder à l’haleine douteuse.
Moralité : on n’embrasse plus n’importe qui. Ou alors, on garde une brosse à dents et une psy à portée de main.